Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a soutenu, jeudi 5 mars, l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie.
« C’est une bonne initiative », a-t-il expliqué depuis Zagreb, appelant à son soutien. « Cela devrait être soutenu par les États membres. Si vous voulez un cessez-le-feu, la fin des hostilités et des bombes qui affectent gravement les civils, il faut créer une zone tampon dans l’espace aérien des combats pour éviter que les capacités militaires destructrices continuent de fonctionner », a-t-il expliqué.
Mais le Haut Représentant a aussi reconnu la faible marge de manœuvre que possèdent les Européens. « Il faudra discuter des scénarios pertinents avec l’OTAN et les Nations Unies », a-t-il précisé. Et d’ajouter : « L’UE ne peut pas imposer une zone tampon en Syrie. On ne peut pas s’exprimer en utilisant le langage de la force, mais on peut avoir une influence au sein des institutions où une telle décision peut être prise ».
À son arrivée au Conseil en format Gymnich, le ministre néerlandais Stef Blok a réitéré sa volonté de voir mise en place une telle zone d’exclusion aérienne (EUROPE 12439/10).
Souhaitant une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU en ce sens, M. Blok a espéré que, si cela n’était pas possible, « une association entre les pays de l'UE pourra élaborer un accord avec la Turquie et la Russie pour mettre fin aux souffrances ».
Avant son départ pour Zagreb, depuis Berlin, son homologue allemand, Heiko Maas, avait pour sa part appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la sécurisation des approvisionnements pour le million de réfugiés internes. « La Russie doit faire pression sur le régime d'Assad pour qu'il cesse les attaques contre les hôpitaux et les écoles. Et les organisations d'aide doivent continuer à avoir un accès transfrontalier aux personnes dans le besoin », avait-il plaidé.
En parallèle de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères, les présidents turc, Recep Tayyip Erdogan, et russe, Vladimir Poutine, se rencontraient à Moscou pour discuter de la situation en Syrie. Ils ont annoncé être convenus d’un cessez-le-feu à partir de jeudi à minuit. (Camille-Cerise Gessant)