Le ralentissement de l'économie de la zone euro, matérialisé par une rechute à 1,2% de l'inflation en février et la concrétisation du risque baissier dû à l'épidémie du virus Covid-19, pourrait inciter la Banque centrale européenne (BCE) à prendre, jeudi 12 mars, de nouvelles mesures accommodantes ciblées.
« L'épidémie de coronavirus évolue de manière rapide et crée des risques pour la conjoncture économique et le fonctionnement des marchés financiers. La BCE suit de près ces évolutions et leurs conséquences sur l'économie, la trajectoire de l'inflation à moyen terme et la transmission de notre politique monétaire à l'économie », a déclaré la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, lundi 2 mars dans un communiqué. « Nous nous tenons prêts à prendre les mesures appropriées et ciblées qui s'avéreraient nécessaires et compatibles avec les risques sous-jacents », a-t-elle ajouté.
La réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE, jeudi 12 mars à Francfort, sera le premier test concret pour Mme Lagarde, qui, depuis quatre mois, s'est inscrite dans la lignée de son prédécesseur, Mario Draghi. Or, les taux d'intérêt directeurs de la BCE sont déjà très bas, voire négatifs, et l'institut monétaire a déjà relancé son programme de rachat massif de titres sur les marchés secondaires.
Fin février, le gouverneur de la Banque de Lituanie, Vitas Vasiliauskas, avait estimé que la BCE n'allait pas prendre de mesures à ce stade en raison d'un manque de données tangibles sur l'impact du coronavirus sur l'économie de la zone euro (EUROPE 12436/15).
Mardi, à l'issue d'une réunion de concertation à distance, les ministres des Finances et les banquiers centraux des pays du G7 ont réaffirmé leur engagement à « utiliser tous les instruments appropriés (...), y compris des mesures budgétaires » pour soutenir la croissance économique et la stabilité des prix.
En format élargi aux vingt-sept États membres, l'Eurogroupe tiendra mercredi sa propre visioconférence et pourrait adopter un communiqué.
Voir la déclaration du G7 : http://bit.ly/38iuWTe
La hausse des prix à 1,2% en février dans la zone euro
Le taux d’inflation annuel de la zone euro est estimé à 1,2% en février, contre 1,4% en janvier, selon une estimation rapide qu'a publiée l'office statistique de l'Union européenne (Eurostat).
S'agissant des principales composantes de l'inflation de la zone euro, l'alimentation, l'alcool et le tabac devraient connaître le taux annuel le plus élevé (2,2%), suivis des services (1,6%), des biens industriels hors énergie (0,5%) et de l'énergie (-0,3%, comparé à 1,9% en janvier). (Mathieu Bion)