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Bulletin Quotidien Europe N° 12427
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POLITIQUES SECTORIELLES / Environnement

La Commission pourrait assouplir sa position sur les résidus toxiques dans les aliments importés, alerte un rapport de CEO

Au cours des trois dernières années, la Commission européenne a subi des « pressions considérables » de la part des fabricants de pesticides et de leurs partenaires commerciaux afin que l’Union européenne autorise la présence de résidus de certains pesticides interdits dans l’UE dans les importations de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux, a révélé, dimanche 16 février, un rapport de l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO).

Sur la base de documents obtenus auprès de la Commission grâce aux règles de transparence, CEO assure que la précédente Commission a ainsi été confrontée à un « nombre incalculable de visites, de lettres et de rapports, de plaintes et de menaces à l’OMC de la part des États-Unis, du Canada et d’autres pays ». 

Selon le rapport d’une réunion entre des représentants de l’UE et du Canada s’étant tenue les 26 et 27 mars 2018 dans le cadre du CETA, Ottawa aurait notamment demandé à l’UE de modifier sa réglementation en matière de résidus de pesticides, qui, selon le gouvernement canadien, mettrait en danger 1,9 milliard d’euros d’exportations canadiennes.

« L’objectif à long terme est que l’UE s’éloigne des critères de seuil fondés sur les dangers pour fonder ses décisions réglementaires », est-il ainsi indiqué dans ce document.

Ayant conduit la Commission 'Juncker' à abandonner son plan initial visant à interdire la présence de résidus de pesticides dangereux dans les importations, l’ONG craint que de telles pressions perdurent et conduisent la Commission 'von der Leyen' à ne pas respecter son engagement de réduire significativement l'utilisation des pesticides chimiques et les risques qui y sont associés dans le cadre du Green Deal européen.

La Commission devrait dévoiler sa future stratégie 'de la ferme à l'assiette' d'ici la fin mars (EUROPE 12398/5). Elle prévoit en outre une évaluation de la mise en œuvre et du fonctionnement du règlement sur les produits phytopharmaceutiques (1107/2009) et du règlement sur les limites maximales de résidus (396/2005) dans tous les États membres depuis leur entrée en vigueur, respectivement en juin 2011 et septembre 2008. 

Pour consulter le rapport de CEO (en anglais) : http://bit.ly/39z5UQW (Damien Genicot)

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