login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12427
Sommaire Publication complète Par article 12 / 33
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Économie

Profonde fracture gauche/droite au PE sur la politique socioéconomique

La recherche de compromis entre groupes politiques au sein de la commission des affaires économiques (ECON) du Parlement européen a tourné à la foire d'empoigne, lundi 17 février, lors d'une discussion sur les politiques socioéconomiques que les États membres sont invités à mener en 2020 dans le cadre du processus budgétaire du 'Semestre européen'.

D'apparence anodine, cette discussion sur « un texte qui ne vaut même pas l'encre avec lequel il est écrit », selon l'expression de Philippe Lamberts (Verts/ALE, belge), témoigne néanmoins du fort clivage qui a refait surface entre les familles politiques de gauche et de droite après les élections européennes de 2019, lorsque la question de l'intégration du Pacte vert européen dans les politiques économiques et budgétaires est à nouveau posée. Elle fait écho par ailleurs à une première impasse constatée à l'automne dernier en commission ECON (EUROPE 12340/18).

À gauche, Aurore Lalucq (S&D, française), qui a élaboré le projet de rapport censé être mis aux voix ce mardi, a estimé que, pour soutenir la lutte contre le dérèglement climatique à travers le Green Deal et « assurer notre survie sur la planète », l'Union européenne devait réorienter ses politiques économiques. Or, à l'issue d'une âpre négociation, le projet de rapport est « aujourd'hui en deçà de ce que la Commission propose » et ne recueille pas le soutien des principaux groupes politiques comme le PPE et Renew Europe, a-t-elle noté, convaincue que tout avait été pourtant fait pour accommoder les « peurs » exprimées.

Son homologue espagnol, Jonás Fernández, a prévenu que le groupe S&D ne votera pas un texte ne faisant référence ni aux objectifs onusiens de développement durable (ODD) ni au respect du Socle européen des droits sociaux.

Au nom du groupe GUE/NGL, le Portugais José Gusmão a critiqué les groupes qui reviennent sur des éléments de langage déjà utilisés par le Parlement dans d'autres rapports, tels que « la lutte contre le dumping fiscal ».

À droite, les groupes PPE, Renew Europe et CRE ont déposé lundi leurs propres amendements de compromis.

Malheureusement, « nous n'avons pas trouvé de bons compromis » avec le rapporteur, a déploré Enikő Győri (PPE, hongroise), qui a critiqué le contenu et la méthode de Mme Lalucq. Vous êtes en train d'essayer de « réorienter » ('reshift') le 'Semestre européen' alors que nous voulons conserver sa fonction d'instrument de coordination économique, a-t-elle estimé. Elle a dit ne pas être opposée à une référence au Pacte vert dans le projet de rapport, mais a refusé que le texte devienne « un sapin de Noël ». Et d'appeler à une position « responsable » du Parlement à transmettre au plus tard en mars.

Même son de cloche au sein du groupe Renew Europe. Le texte de Mme Lalucq est tout sauf un projet de rapport du PE, c'est un « rapport de campagne électorale », a considéré l'Allemand Engin Eroglu.

Quant à Eugen Jurzyca (CRE, polonais), il a estimé que les élus, surtout à gauche de l'hémicycle, considéraient « le Pacte vert comme une opportunité pour affaiblir les règles budgétaires ».

Se posant en arbitre, M. Lamberts a dit comprendre la position des groupes PPE/Renew Europe/CRE selon laquelle le 'Semestre européen' doit rester un instrument de convergence budgétaire et économique. Pourtant, selon lui, Mme Lalucq a raison de dire qu'il y a « un lien évident » entre la politique économique et les « menaces » d'ordre environnemental et social.

« Jusqu'à quel point voulons-nous un alignement ? », a-t-il questionné. (Mathieu Bion)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉDUCATION
BRÈVES
Kiosque