La commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a rejeté à une large majorité (34 votes contre, 18 pour, 4 abstentions), mercredi 2 octobre, le projet de rapport d'Esther de Lange (PPE, néerlandaise) sur la politique économique de la zone euro en 2019, un rapport qui devra orienter les travaux de la Commission européenne sur le processus budgétaire du 'Semestre européen' pour 2020.
Le vote sur les amendements de compromis des groupes PPE et CRE et les amendements alternatifs déposés par le groupe S&D a été tellement serré qu'un vote électronique a été rendu nécessaire pour déterminer des majorités parfois matérialisées par une seule voix.
Une grande partie des 108 amendements du groupe S&D ont été rejetés, notamment sur la participation des partenaires sociaux au processus, la nécessité de réformer le Pacte de stabilité et de croissance en vue d'exclure les investissements 'verts' du calcul du déficit public, l'introduction d'une règle d'or budgétaire pour faciliter les investissements ou la modification des indices de référence afin d'y inclure des indices physiques.
Les sociaux-démocrates sont alors parvenus à rassembler une majorité composée des groupes Verts/ALE, GUE/NGL et de libéraux du groupe Renew Europe pour rejeter le rapport tel qu'amendé et mettre un terme aux travaux. Le texte ne sera pas voté lors de la mini-session plénière de la semaine prochaine.
« Cette vision néolibérale de l'austérité ne passe plus », a déclaré à EUROPE la Française Aurore Lalucq, coordinatrice du groupe S&D sur ce dossier, selon qui « les mentalités sont en train de changer en Europe ». Et d'ajouter : « Il faut profiter de cette bascule pour adopter un Green New Deal à la hauteur des enjeux ».
En revanche, Mme de Lange, sur Twitter, a estimé indispensable de garder le cap de ses idées « même si vous savez que votre propre rapport sera détruit par les partis qui veulent mettre un terme à la discipline budgétaire des États membres ». Elle a ensuite accusé les sociaux-démocrates de renier des compromis préalablement agréés, devenant ainsi le premier parti d'opposition au sein du Parlement. (Mathieu Bion)