La commissaire désignée à l'Égalité, Helena Dalli, a mis en avant une personnalité combative et expérimentée qui lui a permis de se montrer généralement à l’aise sur ses dossiers, mercredi 2 octobre lors de son audition devant les commissions sur les droits de la femme et égalité des genres (FEMM), de l'emploi et des affaires sociales (EMPL) et des libertés fondamentales (LIBE) du Parlement européen.
Si les réponses de Mme Dalli ont parfois pu manquer d’éléments concrets, elle a mis en avant une expérience et un engagement très personnel sur beaucoup des sujets abordés, tels que le défi migratoire, les personnes handicapées, la parité homme/femme, les enfants transsexes. Cela lui a valu plusieurs fois les applaudissements de l’assemblée.
La première Maltaise à être nommée commissaire européenne a aussi souligné la nécessité de mettre l’accent sur l'application, dans les États membres, de la législation existante, telle que la directive sur l'équilibre 'vie privée/vie professionnelle' ou la Convention sur le handicap.
« Je travaillerai à débloquer la directive sur la parité hommes-femmes dans les conseils d'administration », a promis Mme Dalli, en réponse à plusieurs questions des députés s’inquiétant que le Conseil n'ait pas arrêté sa position sur cette initiative législative (EUROPE 12184/13). « C’est une honte ! Elle est (bloquée) là depuis trop longtemps », s’est-elle indignée. L’ex-ministre maltaise à l’Égalité a promis de s’engager auprès de chaque État membre s’opposant à ce texte, afin d’identifier une issue à cette impasse.
Une stratégie sur l’égalité des sexes devrait être publiée prochainement en vue de développer les outils nécessaires pour intégrer les questions de genre de façon transversale.
La directive sur l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle doit être mise en œuvre aussi en ce sens (EUROPE 12309/13), en démontrant aux parties prenantes l’intérêt de politiques inclusives et égalitaires, pour l’équilibre familial, pour la lutte contre les stéréotypes et l’inclusion des femmes dans l’ère numérique.
Mme Dalli a aussi renvoyé les États membres et les parties prenantes à leurs responsabilités, appelant à construire une « coalition des volontés » de toutes les parties sur ces sujets.
Finalement, à Katrin Langensiepen (Verts/ALE, allemande), qui lui demandait si elle bloquerait toute proposition législative faisant obstacle à l'égalité des chances et aux droits de l'homme, la commissaire désignée a répondu par l'affirmative.
« Je plaiderai pour la directive 'anti-discrimination', qui parle d'âge, de religion, de handicap et d'orientation sexuelle », a-t-elle promis. Le Conseil 'Emploi et affaires sociales' se penchera, le 24 octobre, sur cette directive. Il faut voir ce texte dans une portée élargie, a-t-elle estimé, interrogée par Alice Kuhnke (Verts/ALE, suédoise), qui s’inquiétait de l’absence de référence, dans sa liste de responsabilités, à l’égalité raciale et à la diversité.
La socialiste maltaise a aussi promis de travailler de manière très horizontale au sein du Collège 'von der Leyen'.
Par contre, elle s’est montrée très réservée dans sa réponse à Frances Fitzgerald (PPE, irlandaise) quant au manque de progrès accomplis dans l’enquête sur le meurtre de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia. (Hermine Donceel)