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Bulletin Quotidien Europe N° 12383
INSTITUTIONNEL / Eu2020hr

« l'air frais » insufflé par le nouveau cycle institutionnel de l'UE est propice à la relance de dossiers bloqués, estime Irena Andrassy

La Croatie, plus jeune État membre de l'Union européenne, identifie quatre priorités pour sa première présidence semestrielle du Conseil de l'UE, qui débutera le 1er janvier 2020 : une Europe qui croît économiquement, qui se connecte, qui protège et qui a une influence au niveau international.

À la faveur du nouveau cycle institutionnel, « de l'air frais est nécessaire » pour aborder différemment les dossiers dont nous héritons et faire avancer ceux qui nous tiennent à cœur, a estimé l'ambassadrice croate auprès de l'Union européenne, Irena Andrassy, mercredi 4 décembre, lors d'un événement organisé par le groupe de réflexion European Policy Center.

MFF. Même si le président du Conseil européen pilotera les négociations au plus haut niveau politique, la Présidence croate aura un rôle à jouer dans la recherche d'un accord unanime du Conseil européen sur le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 (voir autre nouvelle et EUROPE 12381/1).

Le CFP n'est « pas seulement une question d'argent », c'est un domaine qui façonnera notre « vision » de l'Europe à moyen terme, a estimé Mme Andrassy, pour qui le cadre devra être opérationnel dès « janvier 2021 ». Elle a plaidé pour « un bon équilibre » entre des positions contradictoires défendues par les États membres, certains défendant les politiques traditionnelles de l'UE (agriculture, cohésion) et d'autres souhaitant donner la priorité aux politiques d'avenir (innovation).

Si l'agriculture et la politique de cohésion tiennent une part aussi importante dans le budget de l'UE, c'est pour des raisons historiques notamment destinées à corriger « les déséquilibres » internes à l'UE, a relevé l'ambassadrice.

Élargissement. La politique européenne en matière d'élargissement constitue un dossier qui nécessite une approche différente, selon la Croatie. Tout ce qui se passe dans la région des Balkans occidentaux nous touche dans notre chair, tant sur le plan économique qu'en matière de sécurité, a dit Mme Andrassy, qui a regretté le blocage du Conseil européen sur l'ouverture des négociations d'adhésion à l'Union européenne avec la Macédoine du Nord et l'Albanie (EUROPE 12352/2).

D'ici au sommet entre l'UE et les pays de la région, qui aura lieu en mai à Zagreb, la Présidence croate s'efforcera de mettre en avant « un langage positif » pour montrer les progrès réalisés par les pays concernés, a dit Mme Andrassy. « Le focus a peut-être été trop mis sur ce qui ne marche pas », a-t-elle estimé, en référence aux problèmes liés au respect de l'État de droit, souvent soulevés par des pays comme la France.

Mais la Croatie n'est pas contre une réflexion sur le processus d'élargissement, s'estimant bien placée pour identifier ce qui marche ou pas. « Nous avons vraiment vu comment cela peut fonctionner. Et cela nécessite deux choses : de la motivation et de la volonté politique, des deux côtés », a dit l'ambassadrice.

En juin, la Présidence croate organisera aussi un sommet du Partenariat oriental.

Migration. Interrogée sur les violations des droits de l'homme perpétrées sur des migrants tentant d'entrer illégalement dans l'UE en franchissant la frontière croato-bosniaque (EUROPE 12369/6), Mme Andrassy a indiqué que les « situations malencontreuses » identifiées étaient traitées et seraient sanctionnées, le cas échéant.

Dans le même temps, la protection de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine, longue de 1 000 kilomètres et montagneuse, est « très difficile », a-t-elle fait valoir, évoquant la mobilisation de « 6 000 agents de police ». Et d'ajouter : « Nous voulons montrer que nous nous occupons avec sérieux de la situation sur le terrain. Il est important de protéger la frontière ».

Cette question est étroitement liée à l'entrée de la Croatie dans l'espace Schengen de libre circulation des personnes, qui pourrait intervenir fin 2020 (EUROPE 12354/2).

Enfin, sur la réforme du système européen d'asile, l'ambassadrice a estimé que l'identification d'une solidarité différenciée entre États membres pouvait constituer « la bonne voie à suivre ». Encore faut-il s'entendre sur ce que cette notion signifie, a-t-elle ajouté. (Mathieu Bion)

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