Rentrée en 2013 dans l’UE, la Croatie va peut-être rentrer plus vite dans l’espace Schengen que la Bulgarie et la Roumanie. Rentrés en 2007 dans l’UE, les deux pays attendent en effet depuis au moins 8 ans leur entrée dans l’espace de libre circulation. Mardi 22 octobre, le commissaire européen chargé des Migrations, Dimitris Avramopoulos, a en tout cas recommandé au Conseil de l’UE qu’il intègre aussi la Croatie dans le club des 26 membres, qui compte 22 États membres et 4 pays tiers.
Avec un « monitoring qui dure depuis 4 ans », la Croatie a fait « des efforts constants pour remplir les critères de l’espace Schengen », a déclaré le commissaire, qui estime que le pays gère aujourd’hui parfaitement la frontière extérieure de l’UE, notamment celle avec la Bosnie Herzégovine.
La Commission a déjà évalué et confirmé la mise en œuvre intégrale des règles Schengen dans les domaines de la protection des données, de la coopération policière, de la politique commune en matière de visas, des retours, du système d'information Schengen (SIS), des armes à feu et de la coopération judiciaire en matière pénale, dit-elle dans un communiqué.
Dans une nouvelle communication, elle indique que la Croatie a également pris toutes les mesures nécessaires pour appliquer les règles Schengen aux frontières extérieures. Il s’agit, pour un pays candidat à la zone de libre circulation, de démontrer qu’il peut coopérer efficacement avec les services répressifs des autres États Schengen pour que les contrôles aux frontières puissent être supprimés, qu'il peut appliquer l'ensemble des règles de contrôle des frontières extérieures terrestres, maritimes et aériennes (aéroports), la délivrance de visas Schengen, les procédures de retour, la coopération policière et la protection des données à caractère personnel.
Enfin, le pays candidat doit avoir prouvé qu’il sait parfaitement se connecter et utiliser le système d'information Schengen, qui lui permet d’informer les autres États membres sur la nature des risques et des menaces qu’il détecte.
Ces critères étant tous remplis (ils le sont aussi par la Bulgarie et la Roumanie, de l’avis de la Commission), il appartient maintenant au Conseil de statuer à l’unanimité des États membres de Schengen, le PE étant, lui, consulté.
Cette annonce se fait en tout cas dans un contexte difficile, l’espace Schengen n’étant en effet pas encore revenu à la normale depuis la crise migratoire et les attentats de 2015, des pays membres comme l’Allemagne ou l’Autriche et la France continuant à appliquer des contrôles temporaires intérieurs et n’ayant pas l’intention d’y mettre fin. Cela fait maintenant plus de trois ans que la Commission attend que les États membres reviennent à une zone strictement sans contrôles internes, mais, comme l’a dit Dimitris Avramopoulos, les actions de coercition contre ces pays membres ne serviraient à rien. Il faut plutôt les « convaincre » que cette situation ne peut pas durer. Lien vers la communication : https://bit.ly/2pFEk2I (Solenn Paulic)