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Bulletin Quotidien Europe N° 12383
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POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

En Libye, les migrants se sentent désormais presque plus en sécurité dans les centres de détention qu'en dehors, selon le Haut commissariat aux Réfugiés

La situation des migrants, réfugiés ou demandeurs d’asile, en Libye, continue de se détériorer. Et certaines personnes paient maintenant les trafiquants pour se retrouver dans les centres de détention libyens, centres dont elles pensent qu’ils leur offriront plus de chances d’être identifiées par les Nations Unies pour bénéficier de programmes de réinstallation de réfugiés.

C’est le triste constat qu'a livré, mercredi 4 décembre à Bruxelles, Vincent Cochetel, l’envoyé spécial du Haut-commissariat des Nations Unies aux Réfugiés (UNHCR) pour la Méditerranée centrale.

Alors que les récentes prises de position européennes ont davantage porté sur la Grèce et sur la situation dans les îles de la mer Égée (EUROPE 12361/18), l’envoyé spécial a souligné que les Libyens et autres personnes déplacées présentes dans le pays souffraient de plus en plus du conflit libyen qui les pousse, de plus en plus nombreux, à quitter le pays vers la Tunisie.

En Libye, le UNHCR a dénombré 46 000 réfugiés et demandeurs d’asile actuellement dans les centres de détentions ou dans d’autres structures en milieu urbain, la tâche du UNHCR étant justement d’enregistrer ces personnes. Mais l’accès aux gens et aux centres reste difficile, a expliqué M. Cochetel.

Concernant les centres de détention, le UNCHR peut en visiter régulièrement une vingtaine sur les 36 centres existants dans le pays (16 sont vides ou actuellement fermés). Les conditions de vie y restent mauvaises, elles sont même gravissimes dans certains centres dont le UNHCR n’a pas souhaité donner le nom, où des violences répétées sont perpétrées, notamment des viols.

Deux catégories de population se côtoient dans ces centres, a dit Vincent Cochetel : des personnes ayant tenté d'atteindre l'Europe, puis ramenées après l’échec de leur tentative, et d'autres qui paient les trafiquants pour y bénéficier d'une meilleure protection.

Cette situation étonnante s’explique par le fait que cette deuxième catégorie peut ainsi plus facilement être identifiée par le UNHCR comme éligible aux programmes de réinstallation de réfugiés ou de retour de migrants illégaux.

En 2019, il y a eu 15 000 tentatives de passage vers l’UE depuis la Libye et 56% des personnes concernées ont été interceptées et ramenées vers les centres de détention. Mais la moitié des personnes ramenées n’est pas restée et a été relâchée. Parmi ces candidats au passage vers l'UE, une majorité d'entre eux (5 000 personnes environ) étaient Soudanais, suivis par des ressortissants du Bengladesh (1 000).

Les États membres offrent très peu de perspectives de réinstallation dans l’UE, les promesses pour 2020 s’élevant à 2 390 places pour les personnes en Libye, sur une offre globale de réinstallation de 52 000 places.

Le UNHCR leur demande « de faire plus ». (Solenn Paulic)

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