Le sort du parti Fidesz du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, au sein de la famille du Parti populaire européen (PPE) sera tranché à la « fin du mois de janvier ». C’est ce qu’a déclaré le nouveau président du PPE, le Polonais Donald Tusk, jeudi 21 novembre, à Zagreb, lors d’une conférence de presse en marge du congrès annuel du PPE.
Celui qui a été élu mercredi 20 novembre par 491 voix contre 37 (EUROPE 12373/2) a insisté dans son premier discours sur le respect de l’État de droit et des libertés civiles, valeurs qui, selon lui, ne sont pas incompatibles avec le fait de procurer de la sécurité aux Européens. M. Tusk aura donc à gérer le dossier du parti Fidesz, actuellement suspendu par le PPE, alors qu'il est lui-même issu de la Plateforme civique, adversaire politique du PiS au pouvoir en Pologne et faisant l'objet d'une procédure dite 'article 7' sur le respect de l'État de droit.
La veille, l’ancien président du PPE, Joseph Daul, avait dit que le rapport du comité des sages sur le cas hongrois ne serait pas prêt avant début 2020. Le Polonais a donc dit attendre ce rapport pour la fin 2019 en vue d'une décision un mois plus tard. Il entamera ainsi dès début janvier d'« intenses consultations » avec les autres partis membres du PPE pour peaufiner une décision.
La question de l’éviction définitive du parti Fidesz de la famille chrétienne-démocrate reste extrêmement sensible, même si le sujet a semblé être relégué dans la foulée des élections européennes. Pour autant, la suspension du Fidesz décidée en mars produit ses effets, Viktor Orbán n’étant pas présent à Zagreb (EUROPE 12218/8).
Invités car n’étant pas suspendus, eux, les 13 eurodéputés Fidesz se sont aussi astreints à cette suspension et ont fait le choix de ne pas participer au congrès.
L’hypothèse d’une éviction définitive du parti hongrois semblait en tout cas peu réaliste aux yeux d'une partie des membres du groupe PPE, jeudi. Certaines délégations, comme Les Républicains français, n’y croient pas et ne le souhaitent pas non plus.
Selon d’autres observateurs, le discours ferme de Donald Tusk ne conduira en effet pas forcément à une expulsion du Fidesz. Mais s’étant avancé sur une date et l'annonce d'une décision, le Polonais s’est peut-être mis en difficulté, a dit un membre, pour qui le nouveau président du PPE « devra faire quelque chose et enfin prendre une décision ».
Certains s’impatientent et veulent voir le ‘dossier’ être enfin classé.
Mais jeudi, à Zagreb, l’exclusion ne semblait pas être l’hypothèse tenant la corde. Le Fidesz pourrait donc encore recevoir des mises en garde pour régler les points de conflits tels que l’Université d’Europe centrale.
Donald Tusk lui-même pourrait d'ailleurs déjà avoir écarté la piste d’une exclusion. S’il ne partage pas toutes les idées de Viktor Orbán, en particulier sur la « démocratie illibérale », ils restent « des amis très proches », a-t-il indiqué en conférence de presse. (Solenn Paulic)