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Bulletin Quotidien Europe N° 12374
ACTION EXTÉRIEURE / Libye

L'UE vérifie les activités des garde-côtes libyens, affirme Pedro Serrano

Le Secrétaire général adjoint du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), Pedro Serrano, a expliqué, jeudi 21 novembre, lors d’une audition en commission des libertés civiles (LIBE) du Parlement européen, que l’UE surveillait « le plus possible » le travail des garde-côtes libyens, qu’elle forme et finance, mais dont les actions sont très décriées.

« Si l’on veut lutter contre les trafiquants d’êtres humains, il faut travailler avec les Libyens. Le mieux pour l’opération maritime est de s’engager auprès des garde-côtes et de vérifier qu’ils travaillent selon les normes internationales », a-t-il décrit, précisant qu’un mécanisme de suivi était en place et que les garde-côtes présentaient régulièrement des rapports aux Européens. « Quand on a connaissance d’incidents, on demande un certain nombre d’explications, des rapports », a ajouté M. Serrano.

Cependant, selon un document de la Présidence finlandaise du Conseil de l’UE, obtenu par The Guardian, les représentants de l’UE ne sont pas autorisés à surveiller la composition ou les activités des garde-côtes libyens. Le haut fonctionnaire du SEAE a lui-même reconnu que la situation sécuritaire était difficile. La délégation de l’UE en Libye est actuellement délocalisée à Tunis (Tunisie) pour des raisons de sécurité, ce qui réduit sa capacité d'action sur le terrain.

Le secrétaire général adjoint a refusé de qualifier de positive ou de négative la coopération avec les garde-côtes. Il a aussi certifié que l’UE ne coopérait pas avec les milices, mais uniquement avec les garde-côtes, qui sont sous l’autorité du gouvernement reconnu par les Nations Unies. 

De son côté, Maciej Popowski, le directeur général adjoint de la DG NEAR de la Commission européenne, a rappelé que l'UE, par le biais de l'opération navale EUNAVFORMed Sophia, et le ministère de l'Intérieur italien formaient les garde-côtes et la police des côtes libyens, mais ne leur fournissaient pas d'équipement militaire. Selon M. Serrano, 206 garde-côtes ont été formés depuis avril dernier par l'opération Sophia.

Cette coopération n’est pas du goût de tous les députés européens, notamment en raison du renvoi des migrants récupérés par les garde-côtes libyens en Libye. Ainsi, Malin Björk (Verts/ALE, suédoise) a qualifié cette coopération d’« absolument déplorable et minable »

M. Serrano a défendu l'action européenne, expliquant qu'aucun navire qui avait participé à l'opération Sophia n'avait renvoyé en Libye les migrants récupérés. Alors que les moyens navals de l'opération sont actuellement suspendus (EUROPE 12336/32), le haut fonctionnaire du SEAE a précisé que Sophia transmettait les informations collectées sur des navires de migrants aux centres de coordination maritimes responsables, et non aux autorités libyennes. « Cela fait partie de nos obligations ; on agit selon les règles internationales », a-t-il rappelé. Ces centres peuvent ensuite contacter les garde-côtes libyens s'ils sont à proximité du navire en difficulté.

Depuis le début de l’année, près de 14 000 migrants ont atteint les côtes italiennes et maltaises et 7 600 ont été récupérés par les garde-côtes libyens et ramenés en Libye. (Camille-Cerise Gessant)

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