login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12346
Sommaire Publication complète Par article 11 / 28
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Commerce

Sanctions américaines contre Airbus, l'unité européenne sera sans doute mise à mal

Dès le 18 octobre, l’Union subira de nouvelles sanctions décidées par les États-Unis ; sa filière agricole portera le plus gros du fardeau. Avec la montée au créneau de certains États membres - surtout méditerranéens - la stratégie de Washington visant à désunir le front européen pourrait porter ses fruits.

Débat en plénière

À l’initiative des députés de centre droit (groupe PPE), les députés européens ont débattu des sanctions tarifaires, au soir de la session plénière, mercredi 9 octobre (EUROPE 12341/20).

Lors de cet échange, de nombreux eurodéputés espagnols, surtout, mais aussi italiens ont exhorté, de manière parfois véhémente, la Commission à mieux défendre les intérêts de leurs agriculteurs nationaux.

Des 6,9 milliards d’euros de la liste de produits publiée par Washington, 60% - d’une valeur de 4,3 milliards d'euros - concernent de nombreux produits emblématiques de l’UE ; les produits agroalimentaires occupent une place de choix (EUROPE 12340/13, 12339/10). Vin français, olives espagnoles, fromage néerlandais, appareils électroménagers allemands ou beurre irlandais, tous seront soumis à des droits tarifaires de 25%, a énoncé Carlos Moedas, commissaire européen à la Recherche, qui s’exprimait au nom de la Commission lors du débat.

87% de la valeur totale de cette liste sont portés par les quatre pays participant au programme Airbus, soit l’Allemagne, l’Espagne, la France et le Royaume-Uni. « L'Italie et l'Irlande sont également touchées, mais dans une moindre mesure », a tenu à préciser M. Moedas.

Les producteurs espagnols frappent à la porte de l’UE

Luis Planas Puchades, ministre espagnol de l’Agriculture, était d’ailleurs à Bruxelles le même jour pour rencontrer Cecilia Malmström et Phil Hogan, commissaires respectivement au Commerce et à l'Agriculture, afin de leur porter ses doléances et demander un soutien aux producteurs espagnols affectés.

Mme Malmström a rappelé au ministre espagnol qu’elle s’efforcerait d’éviter ces contre-mesures jusqu’au dernier moment.

Maintenir l’unité

Si certains États membres ont appelé l’UE à répondre à ces sanctions (EUROPE 12340/13), la Commission veut en effet toujours croire à une issue négociée pour les litiges Airbus et Boeing et reste prudente sur le sujet.

« Les États-Unis ont suivi toutes les étapes de l’OMC, nous devrions donc éviter d’avoir une réaction excessive », a souligné le commissaire portugais.

Plusieurs diplomates européens ont d’ailleurs confirmé à EUROPE que leurs États soutenaient la Commission dans sa volonté de ne pas susciter une escalade dans le différend, appelant – comme l’ont fait aussi plusieurs eurodéputés lors du débat - à l’unité des États membres sur le sujet.

Protéger ensemble ses champions

En attendant, l’UE a « récemment » soumis à son partenaire transatlantique des propositions visant à établir un nouveau régime pour le secteur aéronautique, qu’elle souhaiterait voir appliquer à tous les grands constructeurs d’avions. « Nous devons garder à l’esprit que de nouveaux concurrents, fortement subventionnés, de Chine et Russie se préparent à pénétrer ces marchés et risquent de le perturber sérieusement si nous ne prenons pas des mesures urgentes », a rappelé M. Moedas. (Hermine Donceel)

Sommaire

AUDITION DES COMMISSAIRES DÉSIGNÉS AU PARLEMENT EUROPÉEN
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
INFRACTIONS AU DROIT DE L'UE
POLITIQUES SECTORIELLES
COUR DE JUSTICE DE L'UE
INSTITUTIONNEL
BRÈVES