Les ministres européens des Finances ont reconnu la nécessité de rationaliser l'architecture financière européenne pour le développement afin d'en accroître l'impact et la visibilité, jeudi 10 octobre, lors d'un débat basé sur les recommandations du rapport du groupe 'Wieser' (EUROPE 12344/10).
Le groupe 'Wieser' suggère trois options pour modifier cette architecture financière européenne : - accroître les moyens de la BERD en y transférant une partie des interventions de la BEI ; - créer une filiale spécifique au sein de la BEI ; - créer une structure commune entre la BEI et la BERD.
« La reconnaissance du fait que les choses doivent changer est très répandue, mais il n'y a pas encore de certitude sur la direction que ce changement doit prendre », a noté M. Wieser, en présentant les résultats du rapport.
Lors du débat, plusieurs ministres ont estimé que l'Afrique devait être la priorité géographique des interventions financières des Européens hors de l'UE et que la lutte contre les dérèglements climatiques devait en constituer la première priorité thématique.
Sans surprise, la BERD et la BEI préfèrent l'option qui les avantagerait l'une par rapport à l'autre, tandis que l'option hybride ne semble pas séduire les États membres.
Soutenue par le Royaume-Uni, la France s'est clairement prononcée en faveur de l'option proposant une mobilisation accrue de la BERD. La banque basée à Londres dispose d'un vrai savoir-faire, mais cette option suppose un renforcement important de l'actionnariat dans une période de disette budgétaire, a noté une source diplomatique.
« Nous ne sommes pas prêts à prendre une décision sur les options institutionnelles », mais je remarque « une volonté claire » de travailler rapidement sur ce dossier afin de saisir l'opportunité du nouveau cycle institutionnel, a déclaré le ministre finlandais des Finances, Mika Lintilä, à l'issue du débat.
Les travaux vont se poursuivre au niveau des experts du Conseil en vue de parvenir à l'adoption de conclusions spécifiques en décembre. (Mathieu Bion)