Le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a rappelé, jeudi 25 juillet, lors d'un entretien téléphonique avec le nouveau Premier ministre britannique, Boris Johnson, que l'accord de retrait négocié entre l'UE et le gouvernement britannique restait « le meilleur et seul accord possible », mais que la Commission restait « à la disposition » de Londres dans les prochaines semaines « pour ajouter du langage à la déclaration politique » (sur les futures relations), a relaté la porte-parole de l'institution, Mina Andreeva.
Plus tôt dans la journée, dans un discours officiel prononcé devant la Chambre des Communes, Boris Johnson avait appelé l’UE à supprimer le filet de sécurité pour l’Irlande. Une demande que le négociateur de l'UE, Michel Barnier, a aussitôt jugée « inacceptable » et contraire au mandat du Conseil européen, comme il l'a écrit dans un courriel envoyé aux Vingt-sept, rendu public par les médias britanniques.
Le nouveau Premier ministre s’est entouré d’un cabinet ministériel entièrement acquis à la sortie de l’UE au 31 octobre, même sans accord - à l’image du ministre du Brexit, Stephen Barclay, reconduit à son poste, ou de Dominic Raab, placé aux Affaires étrangères -, et a fait partir les plus modérés. Il a également déjà annoncé qu’il ne nommerait pas de commissaire pour le Royaume-Uni pour la prochaine Commission von der Leyen.
Boris Johnson a souligné qu’échouer à quitter l’UE au 31 octobre causerait « une perte catastrophique de confiance dans notre système politique ». Rappelant que l’accord négocié par Mme May a été rejeté trois fois, Boris Johnson en a dénoncé les termes « inacceptables » pour le Royaume-Uni et a demandé à l’UE l’abolition du filet de sécurité ('backstop') pour l’île d’Irlande.
Sur ce sujet, il estime « qu’une limite de temps ne suffit pas. Si l'on veut arriver à un accord, il faut bien comprendre que la solution du problème passe par la suppression du backstop », a affirmé Boris Johnson, se disant prêt à rapidement y travailler « dès que l’UE est prête » et à « négocier de bonne foi une solution de rechange, avec des dispositions garantissant que les questions relatives à la frontière irlandaise soient traitées comme elles auraient toujours dû l'être : dans les négociations sur le futur accord entre le Royaume-Uni et l'UE ». Le Premier ministre a dit espérer que l’UE pourra « revoir son refus actuel » de ne pas rouvrir l’accord et le protocole sur l’Irlande.
Dans ce même discours, Boris Johnson a dit sa préférence pour arriver à un accord, mais, si cela ne devait pas être le cas, le pays quitterait l'UE au 31 octobre. Il a demandé à cet effet à Michael Gove, chancelier du duché de Lancaster, de faire des préparatifs pour un 'no deal' sa « priorité absolue ».
Pour Michel Barnier, comme il l'a écrit dans son courriel, cette préparation accrue au 'no deal' doit aussi être accueillie avec vigilance en ce qu'elle vise en partie à « faire pression sur l'unité des Vingt-sept ». Le négociateur a ainsi plaidé pour le calme et le maintien des États membres derrière leurs principes. (Solenn Paulic)