La relation transatlantique sur les questions agroalimentaires va en déclinant, a estimé Ted McKinney, sous-secrétaire américain au Commerce en charge des questions agricoles, en visite à Bruxelles ce jeudi 27 juin.
Il y a rencontré des responsables et députés européens, ainsi que des représentants du secteur privé et quelques journalistes européens.
Il a ainsi « fait connaissance » avec Sabine Weyand, nouvelle directrice générale au commerce de la Commission européenne, avec qui il s'est entretenu du futur des négociations commerciales transatlantiques (EUROPE 12236/12, 12175/1). « Je lui ai référé honnêtement mon avis, que vous avez sans doute lu dans les journaux et selon lequel un certain nombre de membres du Congrès, certains à des postes clefs, notre Président et d’autres, qui nous ont dit ne pas être en mesure de conclure un accord avec l'Europe sans l'agriculture », a-t-il dit, malgré le fait que l'UE a écarté ce sujet des négociations à venir.
Convaincu de la solidité des liens entre les États-Unis et l’Union européenne, M. McKinney est néanmoins convaincu que les discussions commerciales ont le potentiel d’évoluer positivement. « Vous commencez par ramper, et peut-être par faire un petit pas, puis vous marchez : c'est ce que nous sommes prêts à faire », a-t-il déclaré.
Il a regretté que le secteur agroalimentaire américain ait été « considérablement dénigré » en Europe : « nous entendons parler de poulet chloré, du bœuf aux hormones et pourtant vous ne nous entendez pas nous attaquer à la peste porcine africaine ici ou nous en prendre au fait que la maladie de la vache folle a également commencé dans l'UE », s’est-il indigné.
D’après le sous-secrétaire, la relation transatlantique sur les questions agroalimentaires va en déclinant à cause du « harcèlement » européen : « Ce n'est pas du tout une bonne relation maintenant, pour toutes ces raisons : non seulement les indications géographiques, mais aussi le principe de précaution, la biotechnologie, l'avis de la Cour européenne de justice, le risque des pesticides », a-t-il cité pêle-mêle.
McKinney est toutefois confiant qu’il s’agit avant tout d’améliorer la communication transatlantique sur ces sujets – et que les opinions de nombreux Européens ne divergent pas autant de celles de leurs homologues américains sur nombre de ces questions.
Il a ainsi appelé les Européens à ouvrir leurs marchés aux OGM et à ne pas rater « l’occasion de l’édition de gènes », tant végétaux qu'animaux, nécessaire, selon lui, afin d'assurer la sécurité alimentaire dans le futur (EUROPE 12273/29).
M. McKinney a également décrié le principe de précaution cher aux Européens, qui, selon lui, « provoque de grandes perturbations et a le potentiel d’en causer plus ».
Le représentant américain a également rappelé les réticences de Washington sur le système d’indications géographiques (IG), prôné par l’UE dans ses accords de libre-échange, qu’il juge « injuste ».
Finalement, il s’est félicité de l’accord récent sur le contingent de bœuf de haute qualité alloué aux exportateurs américains, tout en déplorant la longueur des pourparlers : « il nous a quand même fallu dix ans pour y arriver » (EUROPE 12275/21). (Hermine Donceel)