Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a prévenu, mercredi 26 juin, que l’Alliance répondrait à la Russie si celle-ci ne se mettait pas en conformité avec le Traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire (FNI ou INF en anglais).
Moscou a jusqu’au 2 août pour le faire, date à laquelle le retrait des États-Unis du Traité aura pris effet.
« Ce que nous avons décidé (ce mercredi), c'est que nous réagirons si la Russie ne se conforme pas de nouveau aux exigences du traité », a-t-il expliqué devant la presse, à l’issue d’une session de travail de la réunion des ministres de la Défense des pays alliés et d’une réunion du groupe de planification nucléaire.
Soulignant que l’Alliance resterait « mesurée et défensive » dans ces actions, le Secrétaire général a confirmé que l’OTAN n’avait pas l'intention de déployer de nouveaux missiles nucléaires terrestres en Europe. Cependant, « nous devons continuer à maintenir une dissuasion et une défense crédibles », a-t-il précisé.
Ainsi, « les ministres ont envisagé d'éventuelles mesures de l'OTAN telles que notre programme d'exercices, ainsi que le renseignement, la surveillance et la reconnaissance », a annoncé M. Stoltenberg. Selon lui, les Alliés examineront également « de plus près (leurs) défenses aériennes et antimissiles, ainsi que (leurs) capacités conventionnelles ». « Nous veillerons à ce que notre force de dissuasion nucléaire demeure sûre, sécuritaire et efficace », a-t-il ajouté.
Une nouvelle fois, le Secrétaire général a exhorté la Russie à respecter le traité. « La Russie a encore une chance de faire ce qui est juste et de sauver le Traité », a-t-il souligné, rappelant que, même si le moment était favorable pour prendre des mesures, le temps pressait.
À son arrivée à Bruxelles, le ministre luxembourgeois, François Bausch, s'était montré plus optimiste, rappelant qu'il y avait encore du temps et espérant que la Russie reviendra à la table des négociations.
Une réunion du Conseil OTAN/Russie est prévue la première semaine de juillet. Selon M. Stoltenberg, l’objectif de cette réunion sera d’appeler Moscou à respecter ses engagements en matière de maîtrise des armements ou de prévenir les Russes qu'en maintenant un « comportement irresponsable et dangereux », ils devront assumer l'entière responsabilité de la disparition du Traité. (Camille-Cerise Gessant)