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Bulletin Quotidien Europe N° 12284
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POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Chypre attend de l'aide de l'UE pour l'aider à gérer des flux migratoires en hausse, venant notamment de Turquie

Stable sur le plan global de l’UE, voire en légère amélioration, la situation migratoire se tend de plus en plus sur la petite île de Chypre et la Turquie n’y est pas étrangère en étant devenue une nouvelle porte d’entrée de migrants et de demandeurs d’asile venus de Syrie ou de pays africains comme le Cameroun. C’est le message qu’est venu livrer, jeudi 27 juin à Bruxelles, le ministre de l’Intérieur chypriote, Constantinos Petrides, à l’occasion de rencontres avec des officiels de la Commission et des agences européennes.

Le ministre, qui s’exprimait devant les journalistes, a expliqué que le nombre d’arrivées à Chypre n’a cessé d’augmenter depuis 2016 dans ce pays doté d'une population de 850 000 habitants. En 2017, le nombre de demandes de protection avait augmenté de 50% par rapport à 2016 et en 2018, la proportion avait augmenté de 69% par rapport à l’année précédente. En 2019, la tendance indique aussi que l’augmentation sera plus importante, avec déjà en moyenne, sur les trois premiers mois, 1000 demandes par mois. « Et plus de 3000 arrivées en mai via les territoires occupés » (la 'République turque de Chypre du Nord', reconnue uniquement par la Turquie tandis que la communauté internationale dénonce l’occupation turque).

Le ministre a en effet insisté sur le fait que la Turquie et Chypre constituaient maintenant une nouvelle route migratoire intéressante pour les passeurs, les migrants prenant même, depuis quelque temps, l’avion depuis la Turquie vers la partie nord de l'ile de Chypre, une « nouvelle tendance », a dit le ministre. Cela concerne notamment les Syriens et les Iraniens qui ont un régime sans visas en Turquie et peuvent donc librement circuler vers Chypre nord, territoire par lequel ils entrent ensuite dans la partie sud. Entre 2015 et 2018, ces arrivées par la Turquie se faisaient plutôt par bateau.

La Turquie respecte-t-elle ses engagements au titre de la déclaration UE/Turquie de mars 2016 ? Le pays a reçu 4,5 milliards d’euros pour prendre en charge les demandeurs d’asile et réguler les arrivées vers l’UE. Pour le ministre, la Turquie ne semble donc pas tout à fait en ligne avec ses engagements, même si la déclaration UE/Turquie a eu « un effet très bénéfique » et reste un outil nécessaire.

Mais s’il ne faut pas parler de vraie frontière, il faudra peut-être mieux surveiller les entrées au niveau de la ligne verte et, éventuellement, réfléchir à la façon de refuser des entrées.

L’UE, quant à elle, tient-elle aussi ses engagements de solidarité envers ses membres alors que les travaux sur la réforme du système d’asile européen sont en suspens et que la discussion porte plutôt sur un mécanisme de désembarquement temporaire de migrants ? Le ministre en doute aussi et attend un soutien plus ferme. Actuellement, Chypre est en contact avec deux ou trois États membres volontaires pour relocaliser chez eux une partie de ces personnes susceptibles d’avoir la protection ou l’ayant déjà et le pays espère que le futur système de désembarquement temporaire des migrants, qui devrait être mis au point dans les prochains mois, ouvrira la porte à davantage de solidarité entre les pays membres. En fait, Chypre aimerait surtout pouvoir compter sur un système d’asile européen fonctionnel et, en ce sens, avec l’échec des travaux sous la Présidence bulgare en juin 2018, faute de volonté politique des États membres, « on a perdu une occasion historique ». (Solenn Paulic)

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