Le président du groupe S&D au Parlement européen, l'Allemand Udo Bullmann, refuse à ce stade d'évoquer des négociations avec les chrétiens-démocrates du Parti populaire européen (PPE) pour peser dans les nominations aux hautes fonctions européennes à venir, convaincu que les Vingt-huit proposeront au prochain Parlement européen un Spitzenkandidat pour présider la Commission européenne et que le candidat tête de liste sociale-démocrate, le Néerlandais Frans Timmermans, sera le plus à même d'être soutenu par une majorité politique au PE.
« Frans Timmermans va présider la Commission européenne », a déclaré M. Bullmann, devant la presse. D'après lui, le Parlement européen soutient « totalement » le processus des Spitzenkandidaten et « je ne peux pas imaginer que le Conseil européen ne respecte pas cela ».
La conférence des présidents des groupes politiques du PE analysera le résultat des élections européennes, mardi 28 mai dans la matinée, avant que les dirigeants des vingt-huit États membres n'en fassent de même dans la soirée. « Je m'attends à ce que la conférence des présidents défende sa position institutionnelle », a dit le social-démocrate allemand. Et d'insister sur la primauté à accorder aux idées et au projet pour l'avenir de l'UE avant de parler de personnes.
Sur la question des nominations aux hautes fonctions européennes, M. Bullmann a soutenu la démarche du président du Conseil européen, Donald Tusk, pour qui les Vingt-huit devraient décider en paquet et rapidement, si possible fin juin, et si nécessaire à la majorité qualifiée (EUROPE 12251/2). « Je ne suis pas contre », a-t-il dit, faisant valoir l'importance pour les institutions européennes d'être opérationnelles dès que possible.
Le président du groupe S&D ne s'est pas fondamentalement opposé à une alliance progressiste en Europe qui aille de M. Tsipras à l'extrême gauche jusqu'aux forces de centre droit du président français, Emmanuel Macron. Nous sommes « ouverts » ('open hands') à discuter avec les forces pro-européennes, a-t-il estimé. Il est donc normal à ses yeux que le Premier ministre socialiste portugais, António Costa, et l'ancien Premier ministre italien, Matteo Renzi, assistent à un meeting de la liste Renaissance de M. Macron à Strasbourg, mais cela ne signifie pas pour autant une fusion totale (EUROPE 12253/16). Il a refusé de dire s'il souhaite continuer à présider le groupe S&D.
Dans son agenda de réformes pour les cinq ans à venir, le Parti socialiste européen (PSE) prône un nouveau contrat social (EUROPE 12155/3) et, notamment, des salaires minimaux dans tous les États membres qui équivalent à au moins 60 % du salaire médian national ainsi qu'un accroissement des investissements (EUROPE 12250/9). Les sociaux-démocrates réclament aussi des réformes fiscales afin que les multinationales paient au moins 18 % d'impôts sur leurs bénéfices. Ils promettent par ailleurs d'agir contre la pauvreté infantile en Europe. (Mathieu Bion)