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Bulletin Quotidien Europe N° 12255
Élections européennes - PE2019 / Pe2019

Udo Bullmann croit dur comme fer en les chances du Spitzenkandidat social-démocrate pour présider la Commission

Le président du groupe S&D au Parlement européen, l'Allemand Udo Bullmann, refuse à ce stade d'évoquer des négociations avec les chrétiens-démocrates du Parti populaire européen (PPE) pour peser dans les nominations aux hautes fonctions européennes à venir, convaincu que les Vingt-huit proposeront au prochain Parlement européen un Spitzenkandidat pour présider la Commission européenne et que le candidat tête de liste sociale-démocrate, le Néerlandais Frans Timmermans, sera le plus à même d'être soutenu par une majorité politique au PE. 

« Frans Timmermans va présider la Commission européenne », a déclaré M. Bullmann, devant la presse. D'après lui, le Parlement européen soutient « totalement » le processus des Spitzenkandidaten et « je ne peux pas imaginer que le Conseil européen ne respecte pas cela »

La conférence des présidents des groupes politiques du PE analysera le résultat des élections européennes, mardi 28 mai dans la matinée, avant que les dirigeants des vingt-huit États membres n'en fassent de même dans la soirée. « Je m'attends à ce que la conférence des présidents défende sa position institutionnelle », a dit le social-démocrate allemand. Et d'insister sur la primauté à accorder aux idées et au projet pour l'avenir de l'UE avant de parler de personnes. 

Sur la question des nominations aux hautes fonctions européennes, M. Bullmann a soutenu la démarche du président du Conseil européen, Donald Tusk, pour qui les Vingt-huit devraient décider en paquet et rapidement, si possible fin juin, et si nécessaire à la majorité qualifiée (EUROPE 12251/2). « Je ne suis pas contre », a-t-il dit, faisant valoir l'importance pour les institutions européennes d'être opérationnelles dès que possible. 

Le président du groupe S&D ne s'est pas fondamentalement opposé à une alliance progressiste en Europe qui aille de M. Tsipras à l'extrême gauche jusqu'aux forces de centre droit du président français, Emmanuel Macron. Nous sommes « ouverts » ('open hands') à discuter avec les forces pro-européennes, a-t-il estimé. Il est donc normal à ses yeux que le Premier ministre socialiste portugais, António Costa, et l'ancien Premier ministre italien, Matteo Renzi, assistent à un meeting de la liste Renaissance de M. Macron à Strasbourg, mais cela ne signifie pas pour autant une fusion totale (EUROPE 12253/16). Il a refusé de dire s'il souhaite continuer à présider le groupe S&D. 

Dans son agenda de réformes pour les cinq ans à venir, le Parti socialiste européen (PSE) prône un nouveau contrat social (EUROPE 12155/3) et, notamment, des salaires minimaux dans tous les États membres qui équivalent à au moins 60 % du salaire médian national ainsi qu'un accroissement des investissements (EUROPE 12250/9). Les sociaux-démocrates réclament aussi des réformes fiscales afin que les multinationales paient au moins 18 % d'impôts sur leurs bénéfices. Ils promettent par ailleurs d'agir contre la pauvreté infantile en Europe. (Mathieu Bion)

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