Si le terrorisme a semblé un peu moins affecter l’UE ces dernières années, le dernier attentat à Strasbourg, en décembre dernier, a rappelé que la menace est toujours là. La dernière législature avait, c’est vrai, commencé avec une succession d’attaques particulièrement marquantes, entre l’attaque à Charlie Hebdo et les attentats du Bataclan en 2015, les attentats de Bruxelles, Nice ou de Barcelone en 2016, sans les citer toutes.
Les législateurs européens, dans la foulée, avaient multiplié les initiatives pour renforcer la lutte antiterroriste, entre PNR européen, réforme du Système d’information Schengen, création de nouvelles bases européennes comme le système entrée/sortie, les contrôles Schengen systématiques aux frontières extérieures même pour les ressortissants européens ou encore la mise sur pied de l’interopérabilité des systèmes d’information.
Tout a-t-il donc déjà été fait en la matière et n’y a-t-il, dès lors, plus rien à proposer en 2019 ? Le thème semble, en tout cas, bien moins prégnant que celui de la migration ou du changement climatique dans les programmes de campagne des partis européens. Mais certaines familles estiment que de nouvelles initiatives restent à prendre dans le domaine de la sécurité intérieure.
C’est le cas du Parti populaire européen (PPE) et de son candidat, Manfred Weber, qui propose notamment un ‘FBI européen’. Cette structure qui reposerait sur l’actuelle agence Europol consiste à mettre davantage en commun les données nationales et à interconnecter encore plus les systèmes d’information européens. Le PPE propose aussi de mettre sur le terrain des forces de police sous couverture aux frontières intérieures de Schengen pour contrôler les véhicules ou passagers suspects. Au niveau national, des partis comme Les Républicains en France suggèrent aussi de pérenniser les contrôles aux frontières intérieures. Le PPE veut aussi renforcer le partage d’informations entre services de renseignement, notamment sur les individus radicalisés.
Pour le Parti socialiste européen, la sécurité des Européens est un enjeu important, mais le manifeste du Parti reste assez peu disert, se contentant d’appeler à renforcer la coopération judiciaire et policière pour lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée. Le PES accorde plus de place à la sécurité collective et au développement d’une défense européenne commune.
Chez les libéraux de l'ALDE, « les citoyens européens doivent être au centre de notre politique de sécurité et de défense, qui doit impliquer des actions concrètes commençant par une coopération toujours plus étroite contre le terrorisme et des efforts plus efficaces pour sécuriser les frontières extérieures de l'UE ». Le renforcement des pouvoirs d'Europol et le renforcement de la coopération dans l'échange de renseignements sont une autre étape « nécessaire à franchir ». Il faut aussi se défendre « contre des activités hybrides, telles que les campagnes de désinformation, le cyberespionnage, les cyberattaques et la cybercriminalité », souligne l'ALDE.
Chez les conservateurs de l’ACRE, la sécurité est abordée davantage sous l’angle de la sécurité des frontières extérieures et du rôle de l’ex-Frontex, dont la première prérogative doit être d’assister les États dans cette tâche, mais pas de les remplacer – rappelle le parti. Les États membres sont ainsi invités à doper leurs propres ressources.
Quant aux Verts européens, ils insistent sur la nécessité de travailler plus énergiquement pour prévenir le terrorisme et la radicalisation, notamment par des financements européens, mais aussi en réduisant la circulation des armes et instaurant des règles plus strictes sur les armes. (Solenn Paulic)