Pas de conclusions officielles, mais de premières orientations de la part des États membres après la recommandation de la Commission européenne visant le géant chinois des télécommunications, Huawei.
Adoptée fin mars, cette recommandation encourage les États membres à mener une analyse des risques avant la fin juin 2019, afin de savoir si les technologies de l'équipementier chinois font peser des risques en matière de sécurité sur le continent européen et doivent, de ce fait, être écartées de certains marchés d'infrastructures de télécommunications (EUROPE 12222/23).
À ce stade, plusieurs États membres ont déjà laissé entrevoir leurs conclusions. La Belgique ne semble pas entrevoir de problèmes particuliers. Le centre belge pour la cybersécurité (CCB) a déjà indiqué qu'il n'allait pas émettre d'avis négatif au sujet du géant Huawei, faute de preuve concrète établissant une quelconque menace, malgré des mois d'enquête. Le CCB ne prévoit pas de rendre de rapport final et il appartiendra dès lors au Premier ministre belge de prendre position sur la base de ces conclusions.
Le Royaume-Uni, lui, fait état de risques pour les réseaux de télécommunications britanniques. Dans cet État membre, comme nous l'écrivions dans nos colonnes, le comité de surveillance du centre d'évaluation de cybersécurité a estimé dans son cinquième rapport annuel que Huawei n'avait pas répondu aux problèmes existants et que de nouveaux s'y ajoutaient désormais, faisant « peser de nouveaux risques pour les réseaux de télécommunications britanniques » (EUROPE 12224/27).
Côté allemand, le président de l'Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur) a déclaré au Financial Times qu'aucun fournisseur de matériel ne pouvait être spécifiquement exclu. Selon lui, si Huawei remplit toutes les conditions liées à la sécurité et au secret des télécommunications, il peut prendre part à la mise en concurrence des prestataires souhaitant participer au déploiement du réseau 5G en Allemagne.
Rappelons aussi qu'en France, la 'loi Huawei', qui soumet à autorisation préalable le choix des équipements de réseau pour la 5G par les opérateurs télécoms, doit être examinée par le Sénat le 1er juillet, pour une entrée en application en septembre. (Sophie Petitjean)