La porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a démenti, jeudi 11 avril, des informations selon lesquelles la France aurait bloqué une déclaration des 28 États membres de l'UE sur la Libye, la veille.
Cette déclaration aurait demandé au général Haftar d’arrêter ses opérations militaires sur Tripoli.
« C’est une fausse allégation », a souligné la porte-parole du Quai d'Orsay. Selon elle, Paris a demandé un renforcement du texte sur trois points : « la situation des migrants, l’implication dans les combats de certains groupes et personnes sous sanctions des Nations Unies pour activités terroristes et enfin, la nécessité de parvenir à une solution politique sous l’autorité des Nations Unies conformément aux engagements pris par les parties libyennes à Paris (2017), Palerme (2018) et Abou Dhabi (2019) ».
Une source européenne a expliqué que plusieurs pays – dont la France - avaient émis des commentaires à la déclaration, préparée par le Service européen pour l’action extérieure.
Le projet de déclaration appelait, notamment, à la cessation immédiate des hostilités, au retrait de l’armée nationale libyenne et à la prise en compte des trêves humanitaires. Il précisait que l'attaque militaire lancée par le général Haftar contre Tripoli met en danger la population civile, perturbe le processus politique et risque d'entraîner une nouvelle escalade avec de graves conséquences pour la Libye et la région, y compris la menace terroriste. Les États membres demandaient aussi que la Conférence nationale, qui a dû être reportée, soit convoquée dès que les circonstances le permettront.
De son côté, la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Maja Kocijancic, a voulu dédramatiser la situation, rappelant que les Vingt-huit avaient déjà réagi lors du Conseil, par une déclaration de la Haute Représentante de l’UE pour l’action extérieure (EUROPE 12231/1), et qu’elle-même avait réagi à la suite de l’annulation de la Conférence nationale (EUROPE 12233/18). « Dès que cela sera utile, la Haute Représentante ou les Vingt-huit vont réagir », a précisé Mme Kocijancic.
Une réaction qui s'annonçait, le 11 avril à l’heure où nous mettions sous presse, imminente. Un nouveau projet de déclaration était alors soumis à la validation des États membres et les travaux étaient sur la bonne voie. (Camille-Cerise Gessant)