Le comité scientifique, technique et économique des pêches (CSTEP) a estimé, dans un rapport rendu public jeudi 11 avril, que « de nombreux stocks » de poissons restent surexploités ou en dehors des limites biologiques sûres. 40 % des stocks feraient l’objet de surpêche en Atlantique et plus de 80 % en Méditerranée.
Dans son dernier rapport annuel sur le suivi des performances de la politique commune de la pêche (PCP), le CSTEP signale que les progrès accomplis jusqu'en 2017 « semblent trop lents pour que tous les stocks soient reconstitués et gérés conformément au principe du rendement maximal durable (RMD) d'ici 2020 ». Or, le respect de cette échéance est un principe découlant de la PCP réformée.
Dans les eaux de l’Atlantique nord-est, sur les 64 à 70 stocks qui ont été pleinement évalués, la proportion de stocks surexploités a diminué de 75 % à près de 40 % au cours des dix dernières années, « bien que ces dernières années, la baisse ait été moins prononcée », expliquent les experts de l’UE. La proportion de stocks en dehors des limites biologiques de sécurité suit la même tendance à la baisse, passant de 65 % en 2003 à environ 35 % en 2017.
En Méditerranée, la situation est grave : sur 47 stocks évalués, 13 % seulement (6 stocks) ne sont pas surexploités.
Le CSTEP fournit à la Commission européenne des recommandations scientifiques, techniques et économiques sur la gestion des ressources (EUROPE 12010/14).
Selon l’ONG Oceana, ces tendances négatives signifient que certaines espèces telles que la sardine, le merlu et le cabillaud « pourraient être victimes d'extinctions commerciales à court terme dans les eaux européennes ».
Les pays de l’UE sont loin de respecter leurs obligations découlant de la PCP, à savoir mettre fin à la surpêche au plus tard en 2020, regrette cette organisation. (Lionel Changeur)