La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a rappelé, mardi 9 avril dans la soirée, le soutien « sans réserve » de l’UE à des négociations entre les parties libyennes, après le report annoncé plus tôt dans la journée par le représentant spécial pour la Libye, Ghassan Salamé, de la Conférence nationale, initialement prévue du 14 au 16 avril à Ghadamès (EUROPE 12230/14).
Le report est dû à la détérioration de la situation sécuritaire. Au moins 47 personnes ont été tuées et près de 200 blessées depuis le début de l’offensive du maréchal Haftar contre Tripoli, le 4 avril.
« L'Union européenne soutient sans réserve et partage pleinement l'appel lancé » par M. Salamé « à toutes les parties pour qu'elles conviennent d'un cessez-le-feu immédiat, autorisent l'accès humanitaire et retournent à la table des négociations », a annoncé la porte-parole dans un communiqué.
« Nous restons pleinement déterminés à soutenir l'action de l'ONU en Libye, y compris l'organisation de la Conférence nationale dès que les conditions le permettront », a-t-elle prévenu.
Selon la porte-parole, l’UE va continuer de tendre la main à toutes les parties concernées et aux acteurs régionaux « pour contribuer à assurer une transition pacifique de manière responsable et dans l'intérêt de tous les Libyens ».
Lors du Conseil 'Affaires étrangères' du 8 avril, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, avait souligné que l’UE attendait de toutes les parties et tous les acteurs régionaux qu’ils évitent une nouvelle escalade militaire, appelant à la cessation immédiate de toutes les activités militaires (EUROPE 12231/1).
Dans un communiqué annonçant l’annulation de la Conférence nationale, le 9 avril, M. Salamé a rappelé que des consultations approfondies avec des groupes et des circonscriptions de toute la Libye se sont tenues pendant plus d’un an et demi en vue de cette conférence. Toutefois, selon lui, « les graves événements sur le terrain doivent être traités avec la responsabilité et le temps qu'ils exigent ». Il a prévenu qu’il ne fallait pas « gâcher l'occasion historique de la conférence » et souligné qu’il était « plus déterminé que jamais » à tenir la Conférence « le plus tôt possible ». (Camille-Cerise Gessant)