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Bulletin Quotidien Europe N° 12192
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Industrie

Les eurodéputés veulent une intelligence artificielle « made in Europe », « éthique » et « centrée sur l’homme »

Les députés du Parlement européen ont adopté à une confortable majorité (572 voix pour, 54 voix contre, 45 abstentions), mardi 12 février, un rapport d’initiative particulièrement dense (192 points sur plus de 60 pages) appelant à une politique industrielle européenne globale sur l’intelligence artificielle (IA) et la robotique qui trace la voie vers une IA « éthique » et « centrée sur l’homme ». 

« Mon principal objectif a été de faire en sorte qu'il s'agisse d'un rapport positif qui témoigne de notre volonté d'adopter cette technologie et de créer les conditions propices à son développement », avait déclaré, la veille du vote, le rapporteur Ashley Fox (CRE, britannique), implorant le Parlement : « Ne soyons pas un Parlement de luddites ! »

Ainsi, une IA « made in Europe », terme consacré par la Commission européenne (EUROPE 12155), devra être, selon les députés, « éthique », respectueuse de la protection des données (notamment dans le domaine médical) et devra prendre en compte les enjeux sociaux ainsi qu’être assujettie à une forme de responsabilité juridique. 

Ce dernier point annonce de grands débats politico-philosophiques. Une source nous cite ainsi le cas d’un accident mortel causé par une application faisant appel à l'IA, par exemple sur une voiture autonome. Qui est responsable ? Le chauffeur, l’entreprise qui a développé l’application ou l’application elle-même ? Une question cornélienne, à laquelle les députés n’ont apporté aucune réponse pour l’heure. 

Par ailleurs, le PE insiste sur une approche centrée sur l’homme. Selon les députés, l’IA et la robotique ont les retombées les plus positives quand elles visent à soutenir les personnes dans le cadre de leur travail et à leur domicile. Ce centrage sur l’homme permet en outre une forme de contrôle sur l’IA et la robotique. 

La question de la destruction d’emplois engendrée par l’essor de ces nouvelles technologies est également abordée, le texte insistant sur la nécessité de former les travailleurs aux compétences futures nécessaires qui seront attendues sur le marché de l’emploi. 

Bataille de compétences. Le rapport a été rédigé dans la douleur, comme l’a déploré le rapporteur, après plusieurs mois de bataille pour déterminer quelle commission sera compétente sur le fond. Le temps pressant, la question n’a fait l'objet que d'une demi-solution, la commission ‘industrie, recherche et énergie’ étant celle sur le fond, mais avec 6 autres commissions associées. D’où une résolution extrêmement longue, au grand dam d’une source parlementaire, qui a regretté « la dissolution du message » et la faiblesse des formules. 

Comme l’a rappelé le commissaire à l’Environnement et aux Affaires maritimes, Karmenu Vella, un groupe d’experts sur l’IA devrait remettre des recommandations en matière d’éthique durant le mois de mars. (Pascal Hansens)

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