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Bulletin Quotidien Europe N° 12192
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Avenir de l'ue

Giuseppe Conte prône une « Europe du peuple plus solidaire et plus équitable »

Giuseppe Conte a préconisé, mardi 12 février à Strasbourg, devant l’hémicycle assez critique sur la politique du gouvernement, une « Europe du peuple plus solidaire, plus équitable et plus démocratique »

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a estimé que le projet européen semblait avoir perdu sa force motrice, tout en reconnaissant que les États n’arrivent pas à répondre seuls aux défis mondiaux. 

M. Conte a plaidé, dans son discours sur l'avenir de l'UE, en faveur d’une relance du projet européen pour lui redonner de la crédibilité et de la cohésion. 

Il a critiqué la portée uniquement économique de la gouvernance européenne. L’obligation de réduire les dettes souveraines a eu des conséquences négatives au niveau social, a-t-il dit en substance. 

« Nous avons là l’occasion rêvée de rattraper le temps perdu », a dit le chef du gouvernement italien. Il a appelé à garantir une solidarité collective en matière d’immigration et à mettre en place une approche structurelle et à plusieurs niveaux. Il a demandé à l’UE de regarder au-delà de la Méditerranée, notamment en Afrique, et a souhaité une « solidarité automatique et obligatoire » dans l’UE en matière d’accueil des réfugiés. 

En ce qui concerne le budget européen 2021-2027, M. Conte a plaidé pour un équilibre entre les politiques nouvelles et les politiques traditionnelles, comme la PAC et la cohésion, qui doivent continuer de recevoir une aide pleine et entière. Il s’est prononcé en faveur d’une assurance européenne contre le chômage et d’un renforcement des pouvoirs du PE. 

Antonio Tajani, le président du Parlement européen, a rappelé que l’Italie était un des pays fondateurs de l’Europe et a rappelé que le PE était engagé sur certains thèmes importants (hausse du budget de l’UE, hausse des investissements en Afrique, réforme du droit d’asile européen). 

Au nom de la Commission européenne, le vice-président Jyrki Katainen a déclaré que l’Europe avait besoin d’une Italie forte. L’ancien Premier ministre de Finlande a estimé que l’Europe était aussi dépendante de l’Italie. L’UE a soutenu l’Italie depuis le début de la crise migratoire, 950 millions d’euros ont été versés pour gérer les flux migratoires. 

La croissance économique nécessite de la confiance et le commissaire a appelé l’Italie à « débrider la créativité » de son économie. 

Par ailleurs, Jean-Claude Juncker a accepté l’invitation de Conte à se rendre en Italie en avril, selon un porte-parole de la Commission. 

Manfred Weber (PPE, allemand) s’est montré assez critique sur la faiblesse de la croissance italienne, sur la position du pays sur le Venezuela ou sur le manque de volonté, au sein du gouvernement, de mettre en place les réformes nécessaires. 

Udo Bullmann (S&D, allemand) s’est montré préoccupé par la « voie antieuropéenne prise par le gouvernement italien » et a pleuré la mémoire de grands Européens comme Altiero Spinelli et Alcide de Gasperi. Il a évoqué un « gouvernement populiste irresponsable » et critiqué le conflit insensé avec la France ou les tensions avec la Commission européenne sur le budget italien, qui ont coûté au peuple italien 1,7 milliard d'euros. 

« J’ai mal lorsque je vois le déclin politique de l’Italie », a déclaré Guy Verhofstadt (ADLE, belge). Il a regretté un gouvernement ouvertement odieux ou haineux à l’égard de certains États membres. Il a critiqué la position du gouvernement italien sur le Venezuela ou sur la réforme de Dublin. « C’est un comportement absurde », a-t-il dit. Il a aussi évoqué le risque de récession dans le pays et critiqué le soutien italien apporté au mouvement des 'gilets jaunes' en France. Il a demandé à Giuseppe Conte de cesser d’être « le pantin de Matteo Salvini et de Luigi Di Maio ». 

Philippe Lamberts (Verts/ALE, belge) a souligné devant la presse que la ligne du gouvernement italien était fixée non pas par le Mouvement 5 étoiles, mais par la Lega italienne, « qui pense que l’avenir de l’économie italienne c’est de bétonner le pays » (des trous dans les montagnes et dans la mer), donc « tout sauf la transition écologique et solidaire ». Il a aussi critiqué le fait que l’Italie maintienne le sujet migratoire à l’avant-plan pour des raisons électoralistes. (Lionel Changeur)

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