La commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe (COE) a publié, lundi 11 février, ses premières conclusions après une mission effectuée en Hongrie la semaine dernière.
Dunja Mijatović a dénoncé l’impact négatif de récentes mesures législatives qui ont largement restreint « l’espace réservé au travail des ONG, des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes critiques envers le gouvernement ».
« En Hongrie, les demandeurs d’asile ne peuvent pas exercer leur droit de demander la protection des réfugiés garantie par le droit national et européen », a ajouté Mme Mijatović. En ce sens, elle réclame du gouvernement hongrois l’ouverture d’« un accès à une procédure d’asile régulière » et la fin des détentions de demandeurs d’asile dans les zones de transit installées à proximité des frontières, tout exhortant les autorités du pays à « s’abstenir de recourir à la rhétorique anti-migration et aux campagnes qui attisent les réactions xénophobes de la population ».
La question des violences faites aux femmes et celle de l’égalité des genres en Hongrie inquiètent également la commissaire qui demande à Budapest de ratifier la Convention d’Istanbul, instrument juridique spécifique du COE.
Autre motif de préoccupation : le nouveau système de tribunaux administratifs chargés de statuer sur les affaires concernant les autorités publiques et leur lien avec l’exécutif qui disposera de nombreux pouvoirs pour le mettre en place et le gérer. L’autonomie doit être restaurée « en tant que garantie de l’indépendance du pouvoir judiciaire », a conclu la commissaire aux droits de l'homme. (Véronique Leblanc)