'Sécurité, prospérité et valeurs européennes' représentent les trois grandes promesses que l’Union européenne doit se donner les moyens de tenir au cours des prochaines années, selon le Premier ministre belge, Charles Michel, qui s’exprimait sur l'avenir de l'Europe, mardi 12 février, à l’occasion de l’inauguration officielle du bâtiment Paul-Henri Spaak du Collège d’Europe.
Développant la promesse de la sécurité d’abord, M. Michel a appelé à « plus d’automaticité dans la coopération en matière de sécurité et de renseignement » entre les États membres, afin de lutter au mieux contre le terrorisme.
Il a également soutenu l’idée de créer une Europe de la défense, en liant ce projet à la nécessité de collaborer davantage en matière de relations extérieures pour développer une stratégie géopolitique commune.
En matière migratoire, le Premier ministre a notamment plaidé pour l'ouverture de canaux de migration légaux en établissant un dialogue avec l’Afrique, en plus de lutter contre les voies illégales de migration.
Ensuite, s’agissant de la promesse de la prospérité, M. Michel considère que « des sujets ne sont aujourd’hui pas suffisamment traités ou traités avec trop peu de courage sur le plan européen ».
Il espère ainsi que l’UE pourra avancer sur la question de l’harmonisation fiscale et de l’approfondissement de l’Union économique et monétaire.
Il a également appelé au développement d’un « Green Deal européen » afin de prendre des mesures concrètes visant à répondre au défi climatique.
Il a estimé qu'un tel projet doit voir le jour au niveau de l’UE davantage qu'au niveau national, car, dans le cas contraire, des concurrences et une forme de dumping environnemental intraeuropéen risquent d’apparaître.
Sur le plan social, Charles Michel souhaite remettre sur la table l’idée d’harmoniser le salaire minimum européen. « Aujourd’hui, il y a un écart de plus de 1 à 10 en termes de montant brut du salaire minimum entre les pays européens dans lesquels un tel salaire existe. On voit bien que, si on veut stimuler la convergence, il faut le faire [...] également au travers d’un certain nombre de principes sur le marché du travail », a-t-il ainsi insisté.
Troisièmement, à propos de la défense des valeurs européennes, M. Michel a rappelé son souhait, présenté devant le Parlement européen en mai 2018 (EUROPE 12014), de développer, sur le plan européen, une évaluation par les pairs des progrès réalisés en matière de respect des valeurs européennes dans l’ensemble des pays membres.
Enfin, abordant la question du Brexit, le Premier ministre s’est montré assez pessimiste devant l’absence d’avancées significatives durant ces derniers jours. Il a dit préférer une absence d’accord à un mauvais accord, car, selon lui, la question de la frontière irlandaise, loin d’être un détail, exige une réponse permettant de préserver la paix en Irlande et l’intégrité du marché intérieur. (Damien Genicot - stage)