Les députés des commissions ‘budgets’ et ‘affaires économiques et monétaires’ du Parlement européen ont exprimé, mardi 27 novembre, des désaccords quant à la mise en place d’un mécanisme européen de stabilisation des investissements, sur la base d’un projet de rapport de Pervenche Berès (S&D, française) et de Reimer Böge (PPE, allemand) et des amendements s'y rapportant.
Ce texte fait écho à la proposition de la Commission européenne de juin dernier visant à soutenir les États membres frappés par un choc économique asymétrique (EUROPE 12031).
Parmi les changements envisagés eu égard à la proposition de la Commission, les rapporteurs envisagent notamment que l’instrument soit doté d’un budget d’au moins 55 milliards d’euros, quand la Commission désirait le limiter à 30 milliards d’euros.
Le débat des députés a mis en exergue des différences d’analyse significatives sur fond idéologique. Manuel dos Santos (S&D, portugais) et Siegfried Mureșan (PPE, roumain) ont d’ailleurs reconnu la « complexité » et « l’extrême difficulté » de ce dossier.
Mme Berès a été la première à prendre la parole, insistant sur la nécessité d’avoir dans un futur proche une fonction de stabilisation pour « affronter la prochaine secousse [économique] » dans la zone euro. Elle a également insisté sur la possibilité qu’elle aimerait donner à ce futur instrument pour soutenir les systèmes nationaux d’assurance chômage.
Bernd Kölmel (CRE, allemand) s’est, lui, exprimé contre l’approche de la Commission et des rapporteurs. « Je suis sûr que nous sommes sur la mauvaise piste », a-t-il ainsi affirmé, évoquant ensuite son scepticisme à l’égard d’une trop grande solidarité entre États dans la zone euro.
Ramon Tremosa i Balcells (ADLE, espagnol) a fait part de son soutien à la proposition, mais a rappelé que son groupe souhaitait mettre l’accent sur la mise en place de réformes structurelles et sur le respect des règles budgétaires de l’UE par les États membres, quand Maria João Rodrigues (S&D, portugaise) estimait que le travail des corapporteurs était « très constructif ».
Le travail doit se poursuivre entre négociateurs au PE pour éventuellement prendre position en janvier, les désaccords entre familles politiques étant encore marqués. Ce, alors que les ministres des Finances de l’UE doivent présenter, lundi 3 décembre, les résultats de leurs travaux en la matière, qui devraient être assez modestes, deux semaines après la publication d’une proposition franco-allemande au ton bien différent (EUROPE 12140). (Lucas Tripoteau)