La solidité renforcée du secteur bancaire, la réduction continue des prêts bancaires non performants ('non performing loans' ou NPL) et la finalisation imminente de la réforme des règles européennes prudentielles bancaires témoignent des efforts importants effectués au niveau européen pour réduire les risques financiers.
C'est la raison pour laquelle, alors que la législature actuelle prendra fin au printemps 2019, la Commission européenne est d'avis qu'il est « urgent » d'enregistrer des progrès en parallèle en matière de partage des risques, dans une communication spécifique adoptée mercredi 28 novembre.
L'institution européenne appelle le sommet de la zone euro, mi-décembre, à entériner les travaux de l'Eurogroupe sur la création d'un filet de sécurité ('backstop') pour le Fonds de résolution unique, le bras financier du volet 'résolution' au sein de l'union bancaire en zone euro, et à donner une impulsion politique à la mise sur pied d'un système européen de garantie des dépôts bancaires (EDIS), troisième et dernier volet de l'union bancaire.
Outre les résultats positifs des 'stress tests' bancaires que l'Autorité bancaire européenne a dévoilés début novembre (EUROPE 12130), le troisième rapport de la Commission fait état d'une réduction continue des risques liés aux prêts non performants.
Le taux moyen de NPL dans les banques de l’UE atteignait en effet « 3,4 % » des prêts totaux à la fin du deuxième trimestre, soit « 1,2 point » de moins qu’à la fin du deuxième trimestre 2017, s'est félicité le commissaire aux Services financiers, Valdis Dombrovskis.
Ce taux moyen cache néanmoins des « poches de faiblesse » dans l'UE. Le ratio de NPL par rapport aux prêts totaux atteint encore 44,9 % en Grèce, 28,1 % à Chypre, 11,7 % au Portugal et 10,0 % en Italie. À l’inverse, ce taux n’était dans le même temps que de 1,1 % en Finlande et de 0,6 % au Luxembourg.
La Commission estime donc que la mise œuvre du plan d'action européen de 2017 sur la réduction des prêts douteux, déjà bien avancée, doit aller à son terme de manière à permettre aux banques de nettoyer leurs bilans et de prêter davantage aux acteurs économiques.
Devraient notamment être finalisées avant la fin de la législature plusieurs propositions législatives découlant de ce plan et présentées au printemps (EUROPE 11981), telles que l'introduction de seuils communs de couverture minimale pour les prêts bancaires devenant non performants (EUROPE 12129) et la création d'un passeport pour développer les marchés secondaires pour les NPL.
Mercredi, la Commission a mis en avant les travaux en cours sur la création d'une plateforme technique à l'échelle de l'UE pour les échanges de prêts non performants, une initiative pilotée par l'industrie. En réunissant les acteurs intéressés, cette plateforme pourrait faciliter l'échange d'informations et réduire les coûts de transaction. L'institution européenne demande à l'industrie de fournir d'ici au printemps 2019 des standards techniques pour le développement de cette plateforme.
CMU. À noter que l'institution européenne renouvelle son appel en faveur d'une accélération des travaux permettant de concrétiser l'Union des marchés de capitaux. « Le Brexit rend la réalisation de cette union encore plus urgente », a souligné M. Dombrovskis, citant les propositions sur la table telles que l'harmonisation des obligations garanties ('covered bonds', voir autre nouvelle), le produit paneuropéen d’épargne retraite individuelle (PEPP) (EUROPE 12117), l'encadrement des entreprises d'investissement, la finance 'durable'.
Plus d'informations : http://bit.ly/2KE2W2c. (Mathieu Bion avec Lucas Tripoteau)