Les 79 pays du groupe des États ACP (Afrique/Caraïbes/Pacifique) ont eu, mardi 16 octobre à Bruxelles, une deuxième journée de concertation avant la première réunion de négociation avec les Européens, prévue jeudi 18 octobre, sur le partenariat renouvelé et modernisé qui succèdera à l’Accord de Cotonou à son expiration en février 2020.
Le négociateur en chef pour la partie ACP et ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, l’a annoncé à la presse, mardi 16 octobre à Bruxelles, où les préparatifs avaient lieu au niveau des ambassadeurs, après que fut donné le coup d’envoi formel des négociations ACP/UE à New York le 28 septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies (EUROPE 12107).
« Nous sommes réunis pour identifier un socle commun. Il est important de nous rassembler autour d’un socle commun ACP avant de commencer les négociations. L’Europe discute au nom de 27 pays, nous au nom de 79. Au niveau de la méthode, nous ne pouvons pas commencer sans identifier les sujets d'accord et comparer les mandats. Ensuite, nous travaillerons sur le socle commun, puis nous discuterons des blocs régionaux », a expliqué M. Dussey.
Si le groupe ACP a son mandat de négociation, des incertitudes doivent encore définitivement être levées s'agissant du rôle que jouera l'Union africaine (UA). Ce devrait être le cas lors d'une réunion en novembre, qui devrait confirmer que l'UA enverra des experts pour discuter du pilier régional 'Afrique' du futur partenariat.
Le socle commun concernera les objectifs de développement durable, les droits humains, le changement climatique, les océans, les questions de genre, la santé, le dialogue politique.
M. Dussey a reconnu qu'il existait des sujets sur lesquels les points de vue divergent, par exemple le dialogue politique. « Les dirigeants africains n'acceptent pas certains articles. L'Union africaine ne comprend pas pourquoi une seule partie [en l'occurrence la partie européenne, NDLR] pourrait sanctionner l'autre », qu'il s'agisse de sanctions politiques ou économiques, en cas de violation des éléments essentiels du futur accord. Il a dit s'attendre à beaucoup de débats à ce sujet avec les Européens.
Sur la migration, il y a, selon lui, « des divergences géographiques naturelles », liées au fait qu'il y a beaucoup plus de migration entre l'Europe et l'Afrique qu'entre l'Europe et les autres régions du groupe ACP. « Nous sommes encouragés par le Pacte mondial sur des migrations sûres, ordonnées et régulières, qui sera adopté formellement en décembre », a indiqué le secrétaire général du groupe, Patrick I. Gomes.
Interrogé sur la budgétisation du FED, prévue dans le projet de cadre financier pluriannuel 2021-2027 de l'UE, celui-ci a souligné que « l’important est de garantir la prévisibilité des ressources » permettant leur programmation sur le long cours, la réallocation annuelle des ressources n’étant pas efficace. Si un accord est obtenu en mai, comme l’espère la Commission européenne, le secrétaire général compte sur les dispositions transitoires pour qu’il n’y ait pas de rupture dans le financement.
Comparer les mandats et fixer un calendrier de négociation. La session de négociation inaugurale du 18 octobre sera ouverte par M. Dussey et le commissaire européen à la Coopération internationale et au Développement, Neven Mimica, mais c’est au niveau des ambassadeurs et des experts qu’auront lieu les travaux techniques. Il s’agira à ce stade uniquement de comparer les deux mandats respectifs et d’établir le calendrier des négociations. « Nous voulons avancer au maximum avant les élections européennes », a confié un expert. (Aminata Niang)