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Bulletin Quotidien Europe N° 12118
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CONSEIL DE L'EUROPE / Femmes

Harcèlements et violences sexuels sont monnaie courante dans les parlements nationaux, selon une étude du Conseil de l'Europe

Une étude menée conjointement par l’Union interparlementaire (UIP) et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) révèle que les actes de sexisme, les abus et les violences à l’égard des femmes sont monnaie courante dans les parlements, partout en Europe. 

Publiée mardi 16 octobre, cette étude se fonde sur des entretiens menés avec 123 femmes de 45 des 47 États membres du Conseil de l’Europe, la Slovaquie et Malte n’ayant pas participé à l’enquête. Également sollicité, le Parlement européen a fourni les informations recueillies par son propre mécanisme de contrôle, mais n’a pas été le cadre d’interviews en direct. 

Parmi les femmes interrogées (81 parlementaires et 42 appartenant au personnel parlementaire), 47 % ont déclaré avoir reçu des menaces de mort, de viol ou de violence corporelle, 68 % ont été la cible de commentaires sexistes concernant leur apparence physique et les stéréotypes liés à leur rôle et 25 % ont dit avoir subi des violences sexuelles. 

Les fonctionnaires sont plus exposées que les parlementaires – 40,5 % contre 25 % –, mais les élues actives dans la lutte contre l’inégalité entre les sexes et la violence à l’égard des femmes constituent des cibles privilégiées, particulièrement si elles sont âgées de moins de 40 ans. 

76 % de celles-ci, ont subi des injures dans les médias et les réseaux sociaux (18 % de plus que l’ensemble des parlementaires interrogées) et 36 % ont été victimes de harcèlement sexuel (12 % de plus que le panel total). 

Les auteurs de ces actes étaient soit des opposants politiques, soit des collègues de leur propre parti, soit des citoyens ordinaires. 

La loi du silence prévaut

Face à ces agressions, la loi du silence prévaut, en l’absence de recours efficace pour les victimes. Seuls 23,5 % des parlementaires et 6 % des membres du personnel ont signalé les faits, précise le rapport qui réclame un mécanisme confidentiel de dépôt de plainte au sein de chaque parlement et la définition de sanctions disciplinaires. 

« Cette étude reflète une triste réalité », a commenté Liliane Maury Pasquier, présidente de l’APCE. Et d'ajouter : « #MeToo n’épargne pas le monde politique. Tant que l’inégalité entre les femmes et les hommes persiste, aucune femme n’est à l’abri de la violence et du harcèlement. Mais nous avons un levier qui peut faire de nous - femmes et hommes politiques - des actrices et acteurs du changement : la Convention d’Istanbul. » 

Adoptée par le Conseil de l’Europe en 2011, signée par l’Union européenne (EUROPE 11786) et 45 États membres (l’Azerbaïdjan et la Russie ne l’ont pas fait), ratifiée par 33 d’entre eux, cette Convention sur la prévention et la lutte contre les violences à l’égard des femmes est en vigueur depuis 2014 et constitue « un instrument juridique pour prévenir, protéger, poursuivre en justice et surtout briser les schémas sexistes », a souligné la présidente de l’APCE. 

Voir l'étude : https://bit.ly/2yg8CKQ.  (Véronique Leblanc)

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