Le commissaire européen à la Santé et la Sûreté alimentaire, Vytenis Andriukaitis, a annoncé lundi 15 octobre à Luxembourg qu’il avait convié les ministres de l'Agriculture et de l'Environnement de l’UE à une réunion informelle sur la peste porcine africaine (ASF), qui sera organisée à Bruxelles le 19 décembre (en marge du dernier Conseil de l'année).
Le commissaire a indiqué que les mesures de gestion à long terme de la population de sangliers constitueront un élément central de cette réunion.
Il estime que des efforts sont nécessaires pour réduire la densité de la population de sangliers dans les zones exemptes de foyers de peste porcine africaine et, idéalement, dans les pays voisins, « avec une coordination efficace entre les services vétérinaires, les agriculteurs, les organismes de gestion des forêts et les chasseurs ». Vytenis Andriukaitis a insisté sur le besoin de mettre en place des mesures de biosécurité et de respecter la législation européenne en vigueur.
Le commissaire a eu un entretien bilatéral avec le ministre tchèque Miroslav Toman pour discuter des mesures tchèques envisagées, mais finalement suspendues, qui prévoyaient des tests supplémentaires appliqués aux livraisons de viandes en provenance de plusieurs pays de l’UE touchés par la maladie.
Ces mesures unilatérales ne sont « pas intelligentes », car elles auraient pu perturber inutilement le commerce de l'UE, miner le marché unique et envoyer un mauvais message aux partenaires commerciaux selon lequel « notre système de régionalisation ne fonctionne pas ».
Lors du Conseil 'Agriculture' de lundi, près de vingt délégations ont pris la parole (Pologne, République tchèque, Belgique, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Estonie…). L’Italie et la Pologne, notamment, ont affirmé que les mesures unilatérales étaient « injustifiées et discriminatoires ».
La Belgique a été félicitée par les pays voisins pour sa réponse rapide après les cas retrouvés sur des sangliers dans les Ardennes. Le Danemark et la France ont réclamé une nouvelle analyse scientifique sur la propagation de la maladie par le foin et la paille.
En Belgique, le périmètre de protection de 63 000 hectares, défini après la détection des premiers cas dans le sud de la province de Luxembourg, a été scindé en trois zones distinctes répondant chacune à des impératifs précis. (Lionel Changeur)