Le représentant spécial américain pour l’Iran, Brian Hook, a estimé, lundi 15 octobre, que le fonds commun de créances ('special purpose vehicle' ou SPV), que l’UE souhaite mettre en place pour permettre la poursuite du commerce avec l’Iran, n’était pas utile.
« Le SPV semble vouloir créer de l'offre, mais nous ne voyons pas beaucoup de demandes pour cela », a-t-il expliqué aux médias, rappelant que plus d’une centaine d’entreprises avaient « déjà indiqué clairement qu'elles partaient avant le mois de novembre » et la réimposition des sanctions américaines.
M. Hook a rappelé que le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, avait jugé que ce fonds envoyait « le mauvais message au mauvais moment ». « Nous pensons que les États-Unis et l'UE devraient travailler ensemble pour trouver des solutions durables qui soutiennent réellement le peuple iranien. Nous ne pensons pas que l'argent versé au régime aide le peuple iranien », a-t-il justifié, expliquant notamment que, depuis l’accord sur le nucléaire iranien et la levée de certaines sanctions, le budget militaire de l’Iran a augmenté de près de 40 %.
Le diplomate a prévenu que les Européens et les Américains allaient continuer à travailler « en étroite collaboration », « pour faire face à l'ensemble du comportement de l'Iran ». Car, si les positions sur l’accord nucléaire iranien sont opposées, selon M. Hook, les ministres et les directeurs politiques européens ont « la même évaluation de la menace dans les domaines essentiels entourant la menace à long terme que présente le programme nucléaire de l'Iran », notamment l’expiration de certaines clauses dans l’accord ('sunset clauses'), « la vaste expansion » du programme de missiles et « les milliards de dollars » que le pays injecte dans les conflits régionaux.
M. Hook est aussi revenu sur les sanctions sur le pétrole, rappelant que 80 % des revenus du gouvernement iranien provenaient de la vente d'hydrocarbures. Malgré la fin annoncée des exportations iraniennes, le diplomate s’est dit convaincu que les marchés demeureront stables. « Nous assistons actuellement à un marché pétrolier bien approvisionné et équilibré », a-t-il justifié. « Nous allons continuer à travailler en étroite collaboration avec les producteurs de pétrole. Les États-Unis fournissent leur part [du travail] pour maintenir l'approvisionnement », a-t-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant)