La Commission de l'Union africaine (UA), institution jumelle de la Commission européenne, s’est dite « effarée par les commentaires formulés par le vice-premier ministre italien, Matteo Salvini, lors d'une conférence récente à Vienne, dans laquelle il a comparé les immigrés africains à des esclaves ».
Ce sont les termes d'un communiqué de presse publié le 18 septembre, à la veille du sommet européen informel de Salzbourg consacré en grande partie à la migration (EUROPE 12098) et quelques jours seulement après l'annonce par Jean-Claude Juncker d'une nouvelle Alliance Afrique/Europe pour les investissements et les emplois durables (EUROPE 12096, 12094).
Appel à un dialogue constructif sur la migration. Rappelant qu'entre 1861 et 1976, « plus d'un Italien sur quatre a émigré » et que « l'Italie a bénéficié de cette énorme diaspora, par les revenus des migrants envoyés dans leur pays d'origine et le commerce », la Commission de l'UA, estime que « la crise migratoire actuelle en Europe fournit une opportunité pour l'Afrique et l'Europe de s'engager dans un dialogue qui ne se concentre pas uniquement sur les questions de migration, mais aussi sur la coopération au développement au sens large entre les deux continents », dans le cadre du débat sur développement socio-économique de l'Afrique.
Partant, elle invite le vice-premier ministre italien à retirer ses propos « dans l'intérêt d'un engagement constructif dans le débat sur la migration » entre les deux continents.
En réponse à la presse qui demandait si les déclarations de M. Salvini menaçaient le partenariat Afrique/Europe, la porte-parole à la migration de la Commission européenne, Natasha Bertaud, s'est refusée, mercredi 19 septembre, à tout commentaire sur les propos d'un ministre. Renvoyant au discours de M. Juncker sur l'état de l'Union, elle a déclaré : « notre position est claire. Nous voulons un partenariat sur un pied d'égalité ». (Aminata Niang)