Le président d'Eurojust, Ladislav Hamran, s’est prononcé favorablement sur l'accord entre le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne trouvé sur la proposition de la Commission européenne de réforme de la gouvernance de l'organe qu'il préside, mardi 19 juin, tout en restant sceptique sur la possibilité de donner des compétences en matière d’antiterrorisme au nouveau Parquet européen.
Lors de la conférence de presse tenue à Eurojust mercredi 20 juin, le président Hamran a qualifié de « succès » l’accord politique entre le Conseil et le PE sur la réforme de la gouvernance d’Eurojust (EUROPE 12044).
Il a évalué favorablement le nouveau cadre de protection de données, qui permettra d’assurer la sécurité des données sur les enquêtes et poursuites judiciaires.
En outre, M. Hamran a assuré que la présence de la Commission dans le collège d'Eurojust lui permettra de « mieux comprendre nos problèmes et difficultés et je crois que notre coopération en tant que partenaires sera encore meilleure ». Selon le président, la coopération et l’échange d’informations seraient renforcés non seulement avec la Commission, mais aussi avec les autres partenaires clés, parmi lesquels se trouve le futur Parquet européen.
Interrogé par EUROPE sur la répartition des compétences avec le Parquet européen, il a assuré qu’Eurojust aurait toujours un rôle, vu que les compétences du Parquet seront limitées aux cas de fraude fiscale au-delà de 10 millions d’euros, ce qui constitue seulement trois ou quatre dossiers par an. « Nous nous préparons pour assurer une coordination juste et pour éviter les doublons et chevauchements », a-t-il dit.
Par contre, M. Hamran s’est montré sceptique envers la proposition de donner au Parquet européen des compétences en matière d’antiterrorisme, comme avait proposé Emmanuel Macron (EUROPE 11870). « En tant que procureurs, nous voudrions mieux comprendre ce qui est derrière cette idée et comment le Parquet peut apporter une valeur ajoutée au combat actuel contre le terrorisme », a-t-il affirmé.
Le président du groupe antiterrorisme d’Eurojust, Frédéric Baab, doute qu’une telle proposition puisse être mise en pratique, vu qu’elle doit être approuvée par tous les États membres, même ceux qui ne participent pas à la coopération renforcée. Néanmoins, il a dit qu’il s’agissait d’« une proposition très intéressante ». (Carmen García, stage)