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Bulletin Quotidien Europe N° 12046
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ACTION EXTÉRIEURE / Tunisie

échange d'offres asymétriques en matière agricole attendu d'ici fin 2018 dans les négociations de libre-échange UE/Tunisie

L'UE et la Tunisie visent un échange de leurs offres en matière d'accès au marché agricole, asymétriques au profit de la seconde, d'ici fin 2018, en vue de conclure en 2019 leurs pourparlers pour un accord de libre-échange, lancés fin 2015, a indiqué la Commission européenne lors d'un état des lieux en commission du commerce international du Parlement européen, jeudi 21 juin. 

La deuxième session de pourparlers, du 28 au 31 mai à Tunis, a permis des progrès dans les trois secteurs clés dans lesquels un accord « peut soutenir des réformes » en Tunisie, a expliqué Monika Hencsey, chef d'unité chargée du voisinage Sud à la DG Commerce de la Commission. 

En matière agricole, « les parties se sont mises d'accord sur les paramètres clés pour un échange d'offres asymétriques avec des périodes de transition et produits sensibles » et des « progrès » ont été réalisés sur les dispositions pour la protection des indications géographiques, a indiqué Mme Hencsey. 

En matière de services, de « bons progrès » ont été enregistrés pour les services numériques, le commerce en ligne et les télécommunications. Des travaux sont en cours pour un accord de facilitation des visas qui assurerait la mobilité professionnelle liée aux services. 

En matière d'énergie et de matières premières, l’UE a proposé un chapitre « ambitieux » visant à « assurer une concurrence équitable et soutenir des réformes dans le secteur ». 

Le prochain cycle de pourparlers commerciaux est prévu à l’automne à Bruxelles. 

Préserver le secteur agricole tunisien

Le rapporteur pour le PE, la Française Patricia Lalonde (ADLE), a promis que le PE « serait attentif à l'implication de la société civile et à ce que l'agriculture tunisienne sorte renforcée de la négociation », rappelant que ce secteur contribuait à 11 % du PIB et 18 % de l'emploi dans le pays. 

Pointant du doigt l'instabilité régionale avec la Libye voisine, la faible intégration économique régionale et le chômage des jeunes diplômés comme les grandes difficultés pour l'économie tunisienne, Mme Lalonde a rappelé que l'accord visé était « avant tout politique » et qu'il « visait à redynamiser l'économie tunisienne en resserrant les échanges avec l'UE et en les rapprochant ». « Le futur accord doit être progressif et asymétrique comme l'a demandé le PE », a insisté Mme Lalonde. 

Le Français Emmanuel Maurel (S&D) a plaidé pour une « vraie évaluation d'impact » du futur accord, disant douter que la Tunisie soit « vraiment prête » pour ouvrir son marché agricole. « Il y a une grande vulnérabilité du secteur agricole tunisien et il ne faudrait pas que l'accord l'accroisse, comme dans son secteur des agrumes, quand on sait que l'Espagne est la plus grande exportatrice et le secteur tunisien est trop fragile », a insisté M. Maurel. 

Pour l'ONG Solidar Tunisie, Lobna Jeribi a plaidé pour un nouveau modèle de partenariat axé sur une économie à forte valeur ajoutée et sur l'innovation, pour renforcer le processus de démocratisation et la transition sociale et économique du pays, en s'appuyant sur une approche sectorielle et une 'liste positive' pour la libéralisation des services. 

Pour le syndicat agricole tunisien Synagri, Karim Daoud a plaidé pour un nouveau modèle de développement agricole doté d'un programme ambitieux pour la petite agriculture tunisienne, qui produit plus de 70 % de la production nationale, et pour développer l'agriculture biologique, des produits de haute qualité et des dénominations d'origine. « L'Europe doit intégrer dans la PAC un véritable plan de développement de notre agriculture, comme elle l’a fait pour l'Espagne et le Portugal », a-t-il insisté. (Emmanuel Hagry)

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