Les représentants de la Commission européenne, du Conseil de l'UE et du Parlement européen ont scellé un accord, mardi 19 juin dans la soirée, sur le texte concernant la fabrication, la mise sur le marché et l’utilisation d’aliments médicamenteux pour animaux, l’objectif étant de mieux lutter contre la résistance aux antimicrobiens (EUROPE 12040).
Le texte convenu doit encore être formellement adopté par le Parlement européen et le Conseil de l'UE. Clara Eugenia Aguilera García (S&D, espagnole), rapporteur pour le PE, a salué l’accord obtenu. « Nous avons réussi à remplacer les règles de 1990 par des règles modernes et uniformes qui augmenteront considérablement la sûreté des aliments médicamenteux dans l'UE et renforceront la lutte contre la résistance aux antimicrobiens », a-t-elle commenté.
Les nouvelles règles convenues visent à interdire l'utilisation prophylactique (c'est-à-dire préventive), chez des animaux producteurs de denrées alimentaires, des aliments médicamenteux contenant des antimicrobiens. L’utilisation métaphylactique (traitement d'un groupe d'animaux, après que le diagnostic d'une maladie clinique a été établi pour une partie du groupe) ne serait autorisée que lorsque le risque de propagation de l'infection est élevé et qu'il n'y a pas de traitement alternatif disponible.
Les antibiotiques ne devraient en aucun cas être utilisés pour améliorer la performance des animaux producteurs de denrées. En outre, les prescriptions d'aliments médicamenteux contenant des antibiotiques devraient toujours être délivrées par un vétérinaire, après un examen physique et un diagnostic des animaux à traiter.
Pour assurer une lutte efficace contre la résistance aux antimicrobiens, les députés ont obtenu d’étendre les nouvelles règles sur les aliments médicamenteux à tous les médicaments vétérinaires administrés par voie orale, que ce soit par l'alimentation ou l'eau potable, y compris les ‘poudres orales’ (préparées par les agriculteurs). Le texte convenu demande à la Commission européenne de consulter l'Agence européenne des médicaments afin d'établir des règles pour combler les lacunes existantes en la matière.
Contamination croisée. Un an après l'entrée en vigueur du règlement, la Commission devrait définir des teneurs maximales spécifiques (fondées sur la science) en cas de contamination croisée (diverses substances médicamenteuses) d’aliments pour animaux. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) devrait être consultée à cette fin. (Lionel Changeur)