Face à l'attaque des États-Unis contre les aides agricoles de l'UE aux olives espagnoles, pourtant classées à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) parmi les aides ne générant pas de distorsions des échanges - les aides découplées de la production, classées dans la `boîte verte' -, la Commission européenne a plaidé, mercredi 20 juin, pour que l'UE limite au maximum, dans le cadre de sa Politique agricole commune (PAC) post-2020, ses aides de la 'boîte orange', celles couplées à la production et générant le plus de distorsions.
La décision des États-Unis, le 12 juin, d'instaurer des droits antidumping et anti-subventions sur les importations d'olives espagnoles (qui doit encore être confirmée par la Commission américaine du commerce international, fin juillet, EUROPE 12040) « nous préoccupe beaucoup », a souligné le directeur général de la DG Commerce de la Commission européenne, Jean-Luc Demarty, devant la commission du commerce international du Parlement européen, mercredi. « Il faudra voir concrètement quelles sont les mesures américaines et ce qu’il en sera de leur mise en œuvre pour voir si l'on peut les contester à l'OMC », a-t-il souligné.
« Il faut aussi penser à la PAC. C’est l’élément systémique qui dépasse l'enjeu des olives. Il ne faudrait pas que, par des voies détournées, à l'OMC, on commence à remettre en cause notre 'boîte verte' et nos subventions justifiées ou non [...]. Le volet antisubventions [de l'action américaine contre les olives espagnoles, NDLR] vise principalement des subventions de la 'boîte verte' qui sont contestées injustement. Mais cela montre que, dans la présente et future PAC, nous devons éviter de multiplier des subventions sectorielles dans la 'boîte orange' et nous en tenir à des aides de la 'boîte verte' », a averti M. Demarty.
« Je connais un État membre qui a 40 régimes d'aides sectorielles classées dans la 'boîte bleue' [qui regroupe les aides liées au niveau de production précis d'un produit agricole, assorties d'un engagement de baisse de cette production, NDLR], mais qui pourraient l'être dans la 'boîte orange'. Ce genre de soutien pourrait être défié à l'OMC par des partenaires et ciblé par des mesures antisubventions », a-t-il alerté. (Emmanuel Hagry)