La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a estimé, mardi 19 juin dans la soirée, que le retrait annoncé des États-Unis du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies risquait de mettre à mal son rôle de « champion de la démocratie ».
Washington a annoncé, le 19 juin, qu’il allait quitter l’instance onusienne alors que son mandat de 3 ans courait jusqu’en 2019. Les États-Unis jugent le Conseil partial envers Israël, le qualifiant d’« hypocrite », d’« égoïste » et de « source d’embarras ».
Cette décision « risque de miner le rôle des États-Unis en tant que champion et partisan de la démocratie sur la scène mondiale », a prévenu la porte-parole du SEAE, rappelant que le pays avait toujours été à « l'avant-garde de la protection des droits de l'homme dans le monde entier » et « depuis de nombreuses années un partenaire solide de l'UE au sein du Conseil des droits de l'homme ». Selon elle, l’UE continuera à défendre les droits de l'homme et les libertés fondamentales, « également en coopérant avec les États-Unis chaque fois que cela est possible ».
De son côté, le président de la sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen, Pier Antonio Panzeri (S&D, italien) a estimé « d'autant plus regrettable » la décision alors « que nous célébrons l'année du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, dont Eleanor Roosevelt a été la force motrice ». Selon lui, cette décision révèle « la dérive inquiétante du président » américain et est un « nouveau pas vers une politique de fermeture et d'égoïsme ».
Le gouvernement Trump est au cœur d’une polémique concernant sa politique migratoire. Depuis quelques jours, les États-Unis séparent les enfants de leurs parents sans-papiers. Environ deux-mille enfants sont dans des centres de rétention pendant que leurs parents sont emprisonnés en attendant leur jugement. Interrogée par EUROPE, une porte-parole de l'UE a estimé que « la politique migratoire devrait toujours être conforme aux principes fondamentaux de dignité, d'humanité et de protection des mineurs, ainsi qu'aux normes et standards internationaux, en particulier en ce qui concerne les groupes vulnérables ». « En particulier, l'intérêt supérieur de l'enfant devrait toujours demeurer au premier plan », a-t-elle ajouté. (Camille-Cerise Gessant)