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Bulletin Quotidien Europe N° 12045
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Réunion préparatoire au sommet, dimanche 24 juin à Bruxelles, pour déminer le dossier migratoire

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a convoqué, mercredi 20 juin, une réunion informelle de leaders européens, dimanche 24 juin à Bruxelles, pour tenter de préparer les discussions sur le défi migratoire du sommet européen convoqué jeudi 28 juin. 

Cette idée de réunion préparatoire avait été émise dès le week-end dernier côté allemand et elle a été confirmée lors de l'entrevue entre la chancelière allemande, Angela Merkel, le président français, Emmanuel Macron, et M. Juncker, mardi à Meseberg (EUROPE 12043). 

 « Je n'aime pas présider des réunions entre quelques États membres, mais comme d'autres se refusent à le faire il doit y avoir quelqu'un qui préside », a indiqué M. Juncker, mercredi à l'issue de son entrevue avec le Premier ministre français, Édouard Philippe. Selon lui, il s'agit d'« un processus inclusif qui mérite préparation ». 

Le nombre exact de pays qui seront présents dimanche n'était pas connu mercredi. Y participeront la Belgique, la Bulgarie, l'Allemagne, l'Autriche, la France, la Grèce, l'Italie et Malte. 

Dans une réunion préparatoire à ces discussions qu'elle dévoilera ce jeudi, la Commission devrait développer cette idée évoquée dans un projet de conclusions du Conseil européen et relative au concept de « plates-formes régionales de désembarquement » ('regional disembarkation platforms') destinées à identifier, hors de l'UE, ceux parmi les migrants qui pourraient prétendre à l'asile de l'UE. 

Il s'agirait d'un concept du président Juncker discuté en avril avec Filippo Grandi, le Haut-commissaire aux Réfugiés des Nations Unies, et l'OIM, selon cette source européenne. Et le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, l'avait évoqué lors de la récente visite du gouvernement autrichien à la Commission (EUROPE 12035). 

Les détails devraient être étudiés dimanche lors de cette réunion informelle, mais à ce stade, l’idée serait de trouver un port d’accueil dans un pays tiers sûr (Tunisie ?) pour les personnes sauvées en mer. 

Ces plates-formes, qui ne sont en rien « des camps hors de l'UE » selon cette source, seraient gérées ensuite sur place par le HCR et l’OIM. Les personnes secourues et ramenées dans ces pays tiers sûrs seraient identifiées, un peu à la manière des fameux centres ‘hotspots’ dans l'UE. Les personnes qui pourraient prétendre à l’asile pourraient rejoindre l’Union, où un autre lieu de destination leur serait trouvé. Les autres seraient invitées à retourner volontairement dans leur pays et pourraient bénéficier de programmes régionaux en ce sens. 

Une question demeure : qu'obtiendraient les pays tiers sûrs concernés en échange ? « Un soutien financier », mais aussi des avantages liés « au cadre européen de réinstallation en cours de finalisation », a indiqué cette source. 

Asile. Dimanche à Bruxelles, les leaders pourraient aussi plancher sur un accord de type ‘règlement de Dublin+’ qui permettrait aux pays membres intéressés d’accélérer, sur une base bilatérale, les renvois de demandeurs d’asile vers le premier pays où ils ont été enregistrés via le système Eurodac. 

Les règles actuelles dites 'de Dublin' permettent déjà ces renvois de demandeurs d'asile. Une piste de réforme bulgare rend à ce jour plus souple ces modalités de renvoi : un État membre souhaitant renvoyer un demandeur d’asile n’aurait ainsi plus besoin d’une approbation formelle du pays où la demande d'asile a été déposée, une simple notification adressée au pays de première entrée suffisant. 

Pour le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer, en conflit frontal avec Mme Merkel, ces pistes de travail ne vont visiblement pas assez loin alors que le concept de plates-formes régionales vise à prévenir les décisions unilatérales du ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini. 

Il reviendra in fine au sommet européen de finaliser ces propositions et de trancher, fin juin. 

Dans ce contexte, Udo Bullmann (S&D, allemand), Guy Verhofstadt (ADLE, belge) et Ska Keller (Verts/ALE, allemande) ont écrit au président du Conseil européen pour lui rappeler que la position du Parlement européen sur la réforme du système européen d'asile prévoit un équilibre entre responsabilité et solidarité via la création d'un mécanisme automatique de relocalisation dans l'UE de demandeurs d'asile (EUROPE 11887). 

La Grèce plaide en faveur du compromis bulgare

Mercredi, le ministre grec de la Migration, Dimitris Vitsas, a justement évoqué au Parlement européen les attentes de la Grèce sur les questions migratoires, en saluant le travail de la commission des libertés civiles. 

Le responsable grec a aussi déploré le fait que le débat actuel ne porte que sur les transferts de demandeurs d'asile de pays à pays alors que le phénomène des mouvements secondaires n’est, selon lui, pas avéré. « Cela sert à déplacer le sujet, cultiver la peur », a-t-il lancé. Il a aussi souligné que les flux d'arrivées étaient en baisse, notamment en Grèce en juin. 

Et le sujet occulté, selon M. Vitsas, c’est la répartition des demandeurs d’asile entre États membres. Plutôt que de miser sur les renvois, il faut au contraire aider l’Allemagne à prendre en charge ces demandeurs d’asile. La « relocalisation doit être l’élément principal pour la gestion des flux migratoires », a-t-il insisté, plaidant pour que les travaux bulgares, même imparfaits, ne soient pas vains (EUROPE 12034). (Solenn Paulic)

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