La Commission européenne va porter le financement destiné à l'éducation dans les situations d'urgence et de crise à 10 % de son budget global en matière d'aide humanitaire à partir de 2019. Objectif affiché : aider les enfants concernés à réintégrer le système scolaire dans un délai de 3 mois.
« 75 millions d'enfants » confrontés à des situations d'urgence et de crises sont déscolarisés, a déploré le commissaire à l'Aide humanitaire, Christos Stylianides, vendredi 18 mai. Évoquant le risque croissant de « générations perdues », il a estimé que l'Union avait un « devoir moral » d'investir massivement dans l'éducation de ces enfants afin d'éviter qu'ils soient enrôlés de force dans des conflits, victimes de violences sexuelles ou mariés de force.
En 2018, 8 % du budget d'aide humanitaire de l'Union est consacré à l'éducation en contexte d'urgence, soit 8 fois plus qu'en 2015.
Les pays les plus affectés sont la Syrie, l'Iraq, le Yémen, les territoires palestiniens occupés, l'Afghanistan, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo.
Parmi les populations réfugiées, à peine plus de 50 % des enfants en âge de fréquenter l'école primaire sont scolarisés. Ces taux tombent à moins de 25 % pour l'école secondaire, et seulement 1 % pour l'enseignement supérieur.
Le nouveau cadre d'action que la Commission a adopté comprend quatre priorités : - offrir de meilleures perspectives d'apprentissage aux jeunes ; - fournir un enseignement de qualité ; - préserver un accès sécurisé à l'enseignement ; - trouver des solutions rapides et innovantes en matière d'enseignement. (Mathieu Bion)