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Bulletin Quotidien Europe N° 12023
ACTION EXTÉRIEURE / Kosovo

Après le 30 juin, la mission EULEX va changer

Le chef de la mission d’État de droit EULEX Kosovo, Mme Alexandra Papadopoulou, a présenté, mercredi 16 mai, les nouvelles orientations de la mission, après la fin de son mandat actuel, le 30 juin. 

« Ce sera une nouvelle phase, un tournant. Ce ne sera pas une simple reconfiguration de volume, mais une réforme de fond en comble. Nous allons créer une mission nouvelle », a-t-elle décrit aux députés de la commission des affaires étrangères du Parlement européen. 

Après 10 ans d’actions sous EULEX, l’UE n’« abandonne pas le Kosovo », mais va vers une nouvelle forme de soutien, a expliqué Mme Papadopoulou. « La mission doit s’adapter au Kosovo. Ce pays n’est pas celui d’il y a 10 ans, les Kosovars ont agi, mais naturellement il y a encore des problèmes et des défis et la mission doit s’y adapter », a-t-elle justifié. 

« Nos activités d'observation, d'encadrement et de conseil vont être reprises par d’autres instruments ou acteurs de l’UE, parfois avec l’aide d’États membres ou d’organisations internationales », a-t-elle détaillé. 

La mission va aussi abandonner son rôle exécutif dans le système judiciaire, mais continuera à offrir des conseils et de l’assistance. « À partir du 30 juin, il n’y aura plus de juges et de procureurs d’EULEX dans le système (judiciaire) kosovar. Nous avons un certain nombre de dossiers qui ne sont pas encore assez mûrs pour passer devant la justice donc un certain nombre de ces cas seront transférés aux autorités locales », a expliqué Mme Papadopoulou. 

Elle a ajouté que la mission continuerait de porter une assistance en matière de sécurité, tout comme son appui à la chambre spéciale de La Haye, qui doit juger les crimes de guerre. 

Et si la mission n’a pas toujours eu bonne réputation, en raison d’allégation de corruption, il semblerait que les Kosovars craignent maintenant son départ. « Maintenant que l’on va se retirer progressivement, tout le monde a peur du vide que l’on va laisser. On essaie de rassurer en disant que l’UE est là, le représentant spécial est là, EULEX aussi sous une forme différente », a-t-elle rassuré. « On va transférer un savoir-faire (…) en collaboration avec le représentant spécial, en assurant un départ qui se fera dans l’ordre », a-t-elle ajouté. (Camille-Cerise Gessant)

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