login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12023
Sommaire Publication complète Par article 15 / 32
INSTITUTIONNEL / Pe2019

Les Verts se mettent en ordre de bataille pour les élections européennes

Le Parti vert européen se réunit du 18 au 20 mai 2018 à Anvers pour accorder ses violons en vue de « créer la surprise » en mai 2019. 

Cette réunion s’inscrit dans un processus de « coconstruction » du programme politique, inspirée notamment par les rencontres avec les ‘acteurs du changement’ organisées à Bruxelles en mars dernier (EUROPE 11973).

Les discussions devraient déboucher sur une déclaration commune définissant les priorités du futur groupe politique au Parlement européen (PE). 

Le 28e Conseil des Verts européens aura en outre pour tâche de choisir le mode de désignation des candidats, qui ne passera pas par une primaire ouverte comme en 2014. Une expérience jugée « intéressante, mais trop coûteuse » par Monica Frassoni, coprésidente du parti.

Les candidats devraient pouvoir postuler jusqu’en septembre, puis être désignés par le parti en novembre à Berlin selon des modalités qui restent à définir. 

Des espaces politiques à occuper 

Le choix de la ville d’Anvers pour accueillir la réunion n’est pas anodin, alors qu’auront lieu les élections communales belges en octobre. « Un scrutin local qui aura une résonance nationale et européenne », selon le candidat du parti écologiste flamand, Groen, pour la commune d'Anvers, Wouter Van Besien. 

Une vision partagée par Philippe Lamberts, le coprésident du groupe Verts/ALE au PE, qui a insisté sur la nécessité de créer des « espaces politiques » aux niveaux locaux et nationaux dans la perspective de l’élection européenne. 

M. Lamberts a notamment cité l’Italie - prévoyant que les électeurs écologistes du Mouvement 5 étoiles se sentiraient rapidement « trahis » - et la France - où « tout le monde se rend compte que le président est ‘et de droite, et de droite’ ». Selon lui, les deux conjonctures politiques donnent aux Verts l’occasion de « mener une opposition rationnelle et crédible » au niveau national. 

Il a donné la crise des réfugiés comme exemple pour illustrer son propos, estimant que, si l’Europe pouvait en faire plus qu’à l’heure actuelle, il ne fallait pas pour autant demander « l’ouverture des frontières » et tomber ainsi dans un discours idéaliste, peu rassembleur et « effrayant »

« Fornication » et recomposition politique 

Le coprésident du groupe table sur l’élection d’un nombre compris entre 40 et 60 députés Verts, suffisant pour « augmenter l’influence » du groupe parlementaire dans un contexte de recomposition politique. 

À l'heure actuelle, le groupe Verts/ALE est composé de 52 députés, dont 40 députés Verts. 

Selon ses prévisions, les députés français du parti 'En Marche' devraient entrer dans le groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE), mais refuser de former une coalition avec le groupe parlementaire du Parti populaire européen (PPE), qui, toujours selon le Belge, « fornique avec l’extrême droite »

« L’unité du PPE tient beaucoup plus à l’importance numérique de son groupe parlementaire qu’à sa cohésion idéologique », a-t-il déclaré, estimant que l’incohérence et les dérives droitières du PPE seraient sanctionnées dans les urnes en mai 2019. 

Dans ce contexte favorable espéré, les Verts souhaitent être « un sujet plutôt qu’un objet de négociation » et comptent sur des ralliements de députés issus d’autres groupes, notamment des eurodéputés français proches de Benoît Hamon. 

« L’union ne peut pas se faire avec des eurosceptiques », a toutefois prévenu Mme Frassoni. Philippe Lamberts a confirmé l’existence de cette ligne rouge. Selon lui, « l’UE est loin d’être parfaite, mais c’est une expérience de démocratie transnationale ». « Si vous voulez un retrait de l’UE, je le respecte, mais ça ne correspond pas à nos valeurs », a-t-il ajouté. 

La proposition de CFP post-2020 bien accueillie 

M. Lamberts s’est aussi exprimé sur le budget, jugeant globalement satisfaisante la proposition de la Commission pour le cadre financier pluriannuel (CFP) post-2020 (EUROPE 12013). Le chiffre avancé de 1,114 % du revenu national brut lui paraît ainsi suffisamment ambitieux. « Nous allons essayer de tirer ce budget vers le haut, sachant que le Conseil essaiera de le tirer vers le bas », a-t-il promis. 

Le président du groupe parlementaire trouve aussi des motifs de satisfaction dans la structure du budget esquissée par le projet. « La Commission a osé mouiller sa chemise sur la question des ressources propres », a-t-il estimé. Le ‘verdissement’ du budget, s’il pourrait être plus fort, constitue néanmoins une « bonne base de travail », selon le Belge. (Mathieu Solal, stage)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES
CORRIGENDUM
The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit
CALENDRIER