La France et l'Allemagne suggèrent des actions au niveau européen pour stimuler l'innovation de rupture ('breakthrough innovations'), notamment dans le cadre du programme Horizon Europe qui succèdera au programme Horizon 2020 après 2020.
Le document conjoint, qui a circulé peu avant le dîner informel des leaders européens en partie consacré à l'innovation, mercredi 16 mai à Sofia, souligne que la recherche et l'innovation sont « de plus en plus cruciales » pour permettre aux Européens de conserver leur « souveraineté technologique » et continuer à façonner l'avenir.
Paris et Berlin estiment que l'Europe a un rôle important à jouer. « Dans certains cas, la masse critique pertinente ne peut être atteinte qu'au niveau européen, dans la mesure où (l'Union européenne) permet de partager et de mutualiser les risques, de mobiliser des ressources financières ambitieuses, d'avoir accès à un large éventail de projets et de faciliter la montée en capacité de start-ups innovantes », indique le document franco-allemand dont EUROPE a eu copie.
Notamment, les deux États membres demandent que le futur Conseil européen de l'innovation, qui verra le jour dans le cadre d'Horizon Europe (EUROPE 12018), focalise son soutien financier sur les start-ups de la 'deep tech', capables de créer des technologies inédites, et sur les projets à haut niveau de maturité technologique ('high technology readiness level').
Les projets sélectionnés devraient soit émerger d'actions nationales soit d'une impulsion européenne, le document citant des domaines tels que l'intelligence artificielle, l'informatique quantique, les jumeaux numériques, le biocontrôle.
Jeudi, à Sofia, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a indiqué que les dirigeants européens prendraient, fin juin, des décisions validant des projets dans le domaine de l'intelligence artificielle (EUROPE 12009) et un accroissement des financements en faveur de la recherche et de l'innovation.
Lundi 28 mai, les ministres européens de la Recherche discuteront de l'avenir du secteur dans le contexte du cadre financier pluriannuel (CFP) post-2020.
Dans un document daté du 8 mai, la Présidence bulgare du Conseil de l'UE constate que l'Europe, qui compte pour 20 % de l'investissement mondial en R&D et pour environ un tiers des publications scientifiques, « peine à traduire son excellence scientifique en percées et innovations révolutionnaires ». Elle relève les lacunes suivantes : un faible investissement privé européen en R&D ainsi qu'un marché du capital-risque sous-développé et fragmenté.
Sofia interroge les ministres sur la manière de renforcer l'intégration et l'impact de la recherche dans l'ensemble des politiques européennes et sur la façon dont le prochain CFP pourrait contribuer à favoriser les synergies entre programmes et entre instruments financiers au service de l'innovation. (Mathieu Bion)