Les experts des États membres de l’UE, réunis le 14 mai au sein du Comité spécial agriculture (CSA), ont fait part de leurs préoccupations face à la faiblesse des prix du sucre.
Le 9 mai, les betteraviers (CIBE - Confédération internationale des planteurs de betteraves européens) et fabricants européens (CEFS) ont appelé la Commission européenne et le Conseil des ministres de l’UE à « prendre en compte l’escalade de la crise » dans le secteur et à envisager les moyens d’en « minimiser les dommages potentiellement irréversibles ».
À 372 €/t en février dernier, le prix moyen communautaire du sucre blanc est actuellement à son plus bas niveau depuis l’établissement du système de communication des prix, en juillet 2006, et inférieur de plus de 25 % par rapport à août 2017, soit « bien en dessous » des coûts de production, alertent les deux organisations professionnelles.
Les exportations, bien que supérieures à celles enregistrées sous le système des quotas de production, sont « limitées » et « dévalorisées » par les niveaux des cours mondiaux, ajoutent-elles. Des cours qui « ne reflètent pas la réalité économique », car ils sont « en grande partie déprimés par la production et les exportations subventionnées du Brésil, de la Thaïlande, du Pakistan et de l’Inde ». Si l’écart entre les prix actuels du sucre dans l’UE et leur niveau de septembre 2017 reste au niveau actuel, « le transfert net de richesse du secteur du sucre (agriculteurs et industrie) vers celui de la transformation secondaire sera d’au moins 2 milliards € d’ici la fin de 2018 », affirment les betteraviers et industriels européens.
La CIBE a tenu son 45e congrès du 15 au 18 mai à Gand (Belgique). Elle a élu à sa présidence, pour un mandat de deux ans, Éric Lainé, président de la confédération des betteraviers français (CGB), qui succède à l’Allemand Bernhard Conzen. (Lionel Changeur)