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Bulletin Quotidien Europe N° 12009
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ACTION EXTÉRIEURE / Syrie

La communauté internationale convaincue de la nécessité de relancer le processus politique

La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a annoncé, mercredi 25 avril, à l’issue de la première partie de la conférence sur la Syrie, que les 85 délégations présentes - mais aucun représentant syrien - étaient convenues de la nécessité d’un processus politique pour mettre fin à la guerre en Syrie, précisant qu’une « percée » politique lors de la rencontre aurait été « irréaliste ». 

« Les différences n’ont pas disparu, mais je pense que l’on peut dire qu’il y existe un socle commun sur le fait qu’il n’y a pas de solution militaire à la guerre en Syrie et qu’il y a une nécessité de relancer le processus politique. À un moment comme celui-ci, cet engagement commun est important », a-t-elle expliqué devant la presse. « Dire qu’il n’y a pas de solution militaire veut dire s’engager vraiment dans des échanges diplomatiques », a prévenu la Haute Représentante. 

L'envoyé spécial pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’en est pris, comme Mme Mogherini, aux trois garants du processus d’Astana : la Russie, la Turquie et l’Iran. La Haute Représentante a ainsi appelé Moscou et Téhéran à faire pression sur le régime pour qu’il vienne négocier à Genève. « Nous avons besoin en particulier de la Russie et de l'Iran pour faire pression sur Damas afin qu'il accepte de siéger à la table sous les auspices de l'ONU. L'opposition, avec laquelle nous avons travaillé ces dernières années, est aujourd'hui plus unie et prête à siéger pour des négociations », a-t-elle souligné à son arrivée à la conférence. 

M. de Mistura a mis en garde contre une victoire à la Pyrrhus pour le régime. « Il y a un risque de guérilla permanente, de non-stabilisation, d'absence de vraie reconstruction et que Daesh en profite pour revenir. Il est dans l’intérêt de tous, y compris le régime syrien (…) de venir à la table des négociations », a-t-il prévenu. « La guerre peut mener à une victoire politique, mais peut-elle mener à gagner la paix ? », s’est interrogée Mme Mogherini, qui a une nouvelle fois prévenu que l'UE n'aiderait pas à la reconstruction du pays sans le début d'une transition politique « claire, sérieuse, crédible ».

L'envoyé spécial de l'ONU et le vice-premier ministre turc, Recep Akdağ, ont mis en avant la nécessité d’élections. « La communauté internationale doit faire pression sur le régime pour que le peuple syrien puisse avoir des élections équitables sans aucune pression du régime. Ce sera la vraie solution », a indiqué à EUROPE le vice-premier ministre turc (EUROPE y reviendra). 

Pour M. de Mistura, les processus lancés par les garants sont en train d'échouer. « Le devoir d’Astana qu’ils se sont imposé est un apaisement. Ils ont fait de nombreux progrès, mais, dernièrement, nous avons vu une escalade, et non une désescalade », a-t-il ajouté, précisant aussi qu’alors qu’ils s’y étaient engagés, il n’y a aucun progrès concernant la question des prisonniers et des personnes disparues. Même chose pour Sotchi, où ils s’étaient engagés à la mise en place d'un comité qui se penchera sur l'élaboration d'une nouvelle Constitution syrienne. « Tout cela n’aide pas le processus de Genève », a estimé M. de Mistura. 

« Personnellement, je ne vois pas de cohérence entre les paroles et les actes, j’espère voir cette cohérence dans les prochaines semaines », a lancé Mme Mogherini, ajoutant qu’il serait dans l’intérêt de Moscou et Téhéran de contribuer de manière positive à une solution politique, alors que les deux pays soutiennent militairement le régime. Mme Mogherini a aussi reproché à la Turquie son opération à Afrin, estimant « qu’aucune escalade n’aidait », mis à part les actions ciblant les organisations terroristes. Des propos que M. Akdağ a démentis dans une interview exclusive à EUROPE. « L'opération Afrin n'est pas une sorte d'opération d'escalade, mais simplement une lutte contre des groupes terroristes. (…) Beaucoup de pays de l'UE (…) pensent que, si un groupe terroriste ne les touche pas, il faut le laisser, ce n'est pas juste », a-t-il expliqué, précisant que son pays avait été attaqué depuis Afrin par le PYD et le YPG. 

La Haute Représentante a également rappelé l’importance de la reddition des comptes. En marge de la conférence, sept États membres de l’UE – la Belgique, le Danemark, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni - ont lancé, un 'Serment de Bruxelles', selon les dires du secrétaire d’État français, Jean-Baptiste Lemoyne, s’engageant à ne pas permettre une impunité pour les crimes en Syrie. Selon M. Lemoyne, cela passera notamment par un soutien politique et financier aux ONG qui collectent des preuves et des témoignages, et une pression pour un mécanisme d’enquête à l’ONU et pour que la Cour pénale internationale soit saisie. (Camille-Cerise Gessant)

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