« Les Syriens ne sont pas seuls » : ils peuvent compter sur la solidarité et le soutien financier de la communauté internationale pour alléger leurs souffrances dans la tragédie humanitaire qu'ils vivent depuis plus de sept ans. C'est le message qu'ont adressé, mercredi 25 avril, au peuple syrien, l'UE, l'ONU et les 85 délégations qui ont participé à la conférence internationale des donateurs 'Bruxelles II' sur l'aide à apporter pour l'avenir de la Syrie et des pays de la région (EUROPE 12008).
À la clôture, les promesses d'engagement d'aide totalisaient 4,4 milliards de dollars US pour 2018 et 3,4 milliards pour 2019 et au-delà. L'UE dans son ensemble a promis collectivement 6 milliards de dollars jusqu'à 2019, soit les trois quarts des engagements totaux, a annoncé le commissaire à l'Aide humanitaire et la gestion des crises, Christos Stylianides, ravi que « l'UE donne l'exemple en étant le plus grand donateur ».
De quoi combler, pour partie, les attentes énormes de l'ONU. Ses besoins en financement de cette année pour pouvoir continuer à apporter une aide vitale aux millions de déplacés et de réfugiés et à leur communauté d'accueil sont de 3,6 milliards de dollars pour le plan de réponse humanitaire en Syrie (financé à hauteur de 23 %, soit 800 millions de dollars seulement en début de conférence) et de 5,6 milliards de dollars pour le plan de résilience (dont 1,2 milliard seulement avait déjà été engagé lors des précédentes conférences), avait souligné le chef du Bureau de coordination des Affaires humanitaires et des opérations de secours des Nations Unies (OCHA), Mark Lowcock.
L'appel du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à « maintenir ou accroître les financements » pour secourir « 13 millions de personnes vivant dans des conditions désespérées » a été entendu par l'UE, tout comme a été appréciée la garantie donnée par Mark Lowcock que l'évaluation des besoins et la surveillance de la mise en œuvre de l'aide seront assurées par les agences de l'ONU. Encore faut-il que le plein accès humanitaire soit garanti sur tout le territoire - une exigence formulée par tous les participants.
Dans le cadre des ressources disponibles, l'aide se concentrera sur les populations vulnérables dans la Ghouta orientale et à Idlib, qui ont subi les violences les plus extrêmes les dernières semaines, et sur les plus vulnérables dans les zones contrôlées par le gouvernement, en respectant les principes humanitaires d'indépendance, d'impartialité et de neutralité.
L'éducation des enfants en Syrie comme dans les pays d'accueil et l'éducation des populations aux risques des mines antipersonnel non explosées seront des priorités, mais pas les seules.
« La protection des personnes, défi central pour le travail humanitaire, est une priorité pour tous : la protection des civils et des infrastructures et des travailleurs humanitaires », a fait observer le commissaire à l'Aide humanitaire et la gestion des crises, Christos Stylianides.
Pour 2018, l’UE s'est engagée à hauteur de 560 millions d’euros, « au même niveau que l’an dernier et s'efforcera de maintenir sa contribution à ce niveau pour les années suivantes jusqu'à 2020 », avait indiqué la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, Ce montant est destiné à secourir les Syriens vulnérables dans le pays, mais aussi à fournir un soutien à la résilience des 5,6 millions de réfugiés et de leurs communautés d'accueil dans les pays voisins (Liban, Jordanie, Irak et Égypte). Les États membres respecteront leur engagement à mobiliser 3 milliards d'euros supplémentaires pour les réfugiés en Turquie pour les années à venir.
Une attention particulière sera portée aux enfants « pour qu'une génération d'enfants syriens ne soit pas sacrifiée », ainsi qu'à la stabilisation et la réhabilitation précoce dans les zones libérées de Daesh. « Mais pour la reconstruction, l'argent ne sera pas disponible tant qu'un début de processus politique clair et crédible ne sera pas mis en place à Genève », a précisé la Haute Représentante (voir autre nouvelle).
« L’Allemagne mettra à disposition un milliard d’euros supplémentaires pour 2018 et les années suivantes », a annoncé le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas. Le secrétaire d'État français auprès du ministre des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, a confirmé les 50 millions d’euros d'argent frais déjà annoncés par le président Macron pour 2018. La Belgique s'est engagée sur 26 millions d'euros. Mme Penny Mordaunt, secrétaire d'État britannique au Développement international a annoncé au moins 450 millions de livres pour la Syrie et la région en 2018 (dont 200 millions d’argent frais) et 300 millions en 2019 (dont 50 millions d’argent frais) pour les fournitures médicales, les soins post-traumas, la formation des médecins et des infirmières, ainsi que des équipements pour protéger la population contre d'autres attaques. Elle a confirmé que le Royaume-Uni paiera sa part de la deuxième tranche de la Facilité pour les réfugiés en Turquie.
« La communauté internationale s’est réunie pour galvaniser le soutien à la Syrie. Notre première préoccupation est de tenter d’alléger la souffrance de la population. Notre message est clair : nous n'abandonnons pas la Syrie. Les civils ont besoin de notre soutien. Ce sont eux les victimes », a-t-elle commenté.
La ministre danoise de la Coopération au développement, Ulla Tørnæs, a parlé, quant à elle de « près de 100 millions sur la table pour l'aide humanitaire et l'aide au développement ».
L'an dernier, l'UE et les donateurs internationaux s'étaient engagés à fournir 5,6 milliards € d'aide pour 2017 et 3,47 milliards d'euros pour la période 2018-2020. Depuis 2011, l'UE a mobilisé près de 11 milliards d'euros en réponse à la crise syrienne. (Aminata Niang)