Si l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) a obtenu, mardi 17 avril, la recommandation de la Commission européenne en vue de l’ouverture de négociations d'adhésion à l'Union européenne, la route vers l’UE est encore longue.
Venu remettre en mains propres le rapport de la Commission, le commissaire aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, a précisé qu’il était nécessaire de mettre en œuvre les réformes adoptées. « Le mouvement positif doit continuer, en particulier sur l’amélioration de l’indépendance de la justice », a-t-il souligné, lors d’un point presse avec le Premier ministre Zoran Zaev à Skopje.
Cette requête a également été répétée un peu plus tard dans la journée par la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, en déplacement, elle aussi, dans le pays.
M. Zaev a assuré que son pays était « encore plus énergique » pour mener à bien les réformes afin que le Conseil de l'UE soit en mesure, en juin, de fixer une date pour l’ouverture des négociations d’adhésion.
Cette date peut sembler ambitieuse, car le différend entre l’ARYM et la Grèce sur le nom définitif du pays pourrait ne pas être réglé à cette date. M. Hahn a estimé qu’il était possible « dans un futur proche » qu'une solution « juste » soit trouvée sur la question du nom, évoquant « un fort dévouement » des deux parties. Mme Mogherini a estimé que le temps qu’il reste jusqu’à juin « pouvait être utilisé de manière positive ».
Quelle que soit la décision du Conseil en juin, nul ne peut ignorer que le pays a fait d’énormes progrès depuis un an et la sortie de sa crise politique, comme l’ont fait remarquer Mme Mogherini et M. Hahn.
Par ailleurs, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé, mercredi 18 avril, qu’il se rendrait dans les Balkans occidentaux la semaine prochaine, pour préparer le sommet de Sofia du 17 mai. (Camille-Cerise Gessant)