Le chef de la délégation de l’UE auprès de la République du Niger, Raul Mateus Paula, a souligné, jeudi 8 mars, lors d’une audition en commission des Affaires étrangères du Parlement européen, l’importante coopération entre l’UE et le Niger, notamment en termes de sécurité et de lutte contre la migration.
« Traditionnellement, l’UE est présente au Niger à des fins de coopération. Mais, depuis quelques années, en raison du terrorisme, de la situation sécuritaire et de la pression migratoire, la donne a changé », a-t-il expliqué. Selon lui, le Niger est « évidemment devenu un partenaire extrêmement important pour l’UE, en raison de sa position géostratégique. Il joue un rôle à cause des questions de sécurité, de terrorisme. (…) Nous avons la chance d’avoir un partenaire fiable », a-t-il insisté.
La lutte contre la migration illégale est un axe important de la collaboration entre l’UE et le Niger. Le chef de la délégation a rappelé que si 70 000 migrants passaient chaque mois par le Niger pour atteindre la Libye puis l’UE en 2016, ils ne sont désormais plus que 3 à 4 000. M. Paula a annoncé la tenue, le 16 mars, à Niamey, d’un sommet des ministres de l’Intérieur de l’Allemagne, la France, l’Italie, des pays du G5, des pays de provenance de flux migratoires (Côte d’Ivoire, Sénégal, Guinée et Libye) avec le Commissaire Dimitris Avramopoulos.
De même, l’UE et le Niger coopèrent en matière de sécurité. L’UE a sur place la mission EUCAP, qui a pour objectif de former les forces civiles pour lutter contre le terrorisme, mission depuis élargie à la gestion de la migration et des frontières. Des forces de police françaises et espagnoles aident les autorités du Niger à démonter les réseaux de trafic, dans des équipes d’enquêtes d’investigation. « Cela démontre que l’on a un partenariat très fort. La clé du succès est une volonté politique, ce qui n’est malheureusement pas le cas dans d’autres pays. Il y a une vraie et forte coopération entre le Niger, l’UE et les États membres », a estimé M. Paula. L’ambassadeur a aussi expliqué qu’une évaluation était en cours par des militaires italiens pour impartir une formation à des unités de l’armée. (Camille-Cerise Gessant)