La Commission européenne a présenté, jeudi 8 mars, son projet de plan pluriannuel pour les stocks halieutiques démersaux de la Méditerranée occidentale qui propose de limiter fortement les efforts de pêche lors de la première année de mise en œuvre, compte tenu de la situation préoccupante de la plupart des stocks concernés.
Selon les dernières données disponibles, on estime qu’en 2015, les navires français, italiens et espagnols qui pêchent dans la zone concernée (qui s’étend le long de la mer d’Alboran Nord, du golfe du Lion et de la mer Tyrrhénienne, et couvre les Baléares, la Corse et la Sardaigne) ont débarqué environ 100 000 tonnes de poissons démersaux pour une valeur de 675 millions €. « Les captures de ces stocks ont sensiblement diminué d’environ 23 % depuis le début des années 2000. À ce rythme, plus de 90 % des stocks évalués seraient surexploités d’ici 2025 », souligne la Commission européenne.
Elle propose donc la réduction des activités de pêche avec la fixation d’objectifs pour les stocks d’espèces démersales les plus importantes sur le plan commercial : le merlu, le rouget de vase, la crevette rose du large, la langoustine, la crevette rouge et le gambon rouge. Pour cela, Commission estime qu’il faut imposer une restriction aux chalutiers d’opérer dans les fonds marins jusqu’à 100 mètres de profondeur entre le 1er mai et le 31 juillet, et réserver la zone côtière aux engins plus sélectifs. « Cela protégera les zones d’alevinage et les habitats sensibles et renforcera la durabilité sociale des petites pêches », précise la Commission.
Chaque année, sur la base d’un avis scientifique, le Conseil déterminera le nombre maximal de jours de pêche (effort de pêche admissible) pour chaque catégorie de flotte par État membre. La flotte couverte par ce plan pluriannuel comprend près de 10 900 navires, dont 50 % sont italiens, 39 % espagnols et 11 % français.
De plus, des dispositions relatives à l’obligation de débarquement et des mesures techniques de conservation pourraient être présentées par les États membres concernés (Espagne, France et Italie), en collaboration avec le secteur de la pêche.
Ce plan pluriannuel est le quatrième proposé, conformément à la politique commune de la pêche (PCP), par la Commission européenne après la mer Baltique, la mer du Nord et la mer Adriatique (lequel est toujours en discussion). Elle devrait en présenter un cinquième prochainement, qui devrait porter sur les eaux occidentales (Atlantique) (EUROPE 11914).